RADICAL ? Ou pas le Fruit de Jésus…
17/8/2013
De grandes entreprises industrielles comptent parmi leur personnel des hommes qui n’interviennent qu’en cas de panne. Quand des machines s’arrêtent, ces hommes se mettent à l’œuvre pour localiser et réparer la panne, pour remettre le mécanisme en marche.
Toute machine bien huilée ne présente aucun intérêt pour ces hommes. Ce sont des spécialistes qui ne s’occupent que des pannes pour en rechercher les causes et trouver une solution.
Il en va presque de même dans le Royaume de Dieu. En effet, Dieu a toujours eu ses spécialistes qui s’attaquaient essentiellement à l’effondrement moral, au déclin de la santé spirituelle de la nation ou de l’Eglise. Ces hommes s’appelaient, entre autres, Elie, Jérémie, Malachie ; ils surgirent à des moments cruciaux de l’histoire pour blâmer, réprouver et exhorter au Nom de l’Eternel et de Sa Justice.
Tant que la vie spirituelle d’Israël ou de l’Eglise se déroulait de façon satisfaisante, dix mille prêtres, pasteurs ou docteurs remplissaient leurs fonctions, en toute tranquillité ; on les remarquait à peine. Mais si le peuple de Dieu se détournait des sentiers de la vérité, aussitôt apparaissait le spécialiste, sans crier gare. Son instinct des coups durs le conduisait à voler au secours de l’Eternel et d’Israël.
Comment pouvait être un tel homme, sinon révolutionnaire, radical, violent même parfois ? La foule curieuse qui se rassemblait pour le voir à l’œuvre ne tardait pas à le taxer d’extrémiste, de fanatique, de rabat-joie. En un sens, elle avait raison. Il se montrait sévère, intransigeant, téméraire, puisque telles étaient les qualités qu’exigeaient les circonstances. Il en choquait certains, en effrayait d’autres et en aliénait beaucoup ; en outre, il savait qui l’avait appelé, et il connaissait sa mission. L’état d’urgence avait suscité son ministère ; cela le distinguait des autres, en faisait un homme à part.
L’Eglise a une dette trop élevée envers ces hommes pour pouvoir s’en acquitter. Chose curieuse, elle s’efforce rarement de la rembourser tant qu’ils sont en vie, mais la génération suivante leur élève un sépulcre, écrit leur biographie, comme pour remplir instinctivement et maladroitement un devoir que leurs aînés avaient, dans une grande mesure, négligé. [Tozer « Pour Quand Le Réveil ? »]
L’historien d’Aubigné écrit : « Une grande œuvre de Dieu n’est jamais accomplie par la force naturelle de l’homme. C’est à partir d’os asséchés, de l’obscurité et de la poussière de la mort, que Dieu est heureux de choisir les instruments au moyen desquels IL conçoit de disperser sur la terre Sa lumière, Sa régénération et Sa vie. » [D’Aubigné « l’Histoire de la Réforme » ].
Un autre auteur observa : « Dans les différentes crises qui ont eu lieu dans l’histoire de l’église, des hommes sont venus à l’avant qui manifestèrent une sainte insouciance qui étonnèrent leurs camarades. Quand Luther afficha ses thèses à la porte de la cathédrale de Wittenberg, les hommes prudents furent étonnés de son audace. Quand John Wesley ignora toutes les restrictions de l’église et la bienséance religieuse et prêcha dans les champs et les chemins, les hommes déclarèrent sa réputation ruinée. Ainsi, il en a été dans tous les âges. Lorsque la condition religieuse des temps appelait à des hommes qui étaient prêts à sacrifier tout pour le Christ, la demande créa l’offre, et on a toujours trouvé quelques uns qui furent prêts à être considérés irresponsables pour le Seigneur. Une totale insouciance concernant les opinions des hommes et des autres conséquences est la seule attitude qui puisse répondre aux exigences de l’époque actuelle. »
-Tozer