Le Service Apostolique : le Sacerdoce

23/11/2012

Aaron Katz, adapté mhp

Le Mystère de la Prêtrise

La Prêtrise est au cœur de tout, et une des lacunes sans doute les plus lamentables dans le Christianisme moderne est l’absence du sens du sacerdoce. Si pendant mon adolescence à Brooklyn, New York, quelqu’un m’avait demandé « Quelle est ta véritable vocation ? », alors que j’étais un gamin agité et confus, cherchant un sens à cet univers déroutant, « A quoi crois-tu être appelé ? », je savais, même dans mon ignorance athée, que la réponse réelle, si j’avais eu le courage de le dire, était, « Prêtre. » Maintenant je peux mieux comprendre que mon cœur était déjà au courant de l’importance centrale de la prêtrise.

Il est particulièrement dangereux d’adopter encore un autre « vocabulaire religieux. » De la même façon que nous avons été introduits dans le « charismatique », nous pouvons facilement être conduits dans une façon de parler « apostolique » et avoir encore une autre phraséologie grâce à laquelle, finalement, nous devenons de véritables techniciens. Prendre ces choses saintes et absolues et en faire encore un autre système, religieux et lassant, est le plus horrible de tous les destins. Si nous voulons être une église décisive en parole, en action et en présence et qui va réaliser les buts éternels de Dieu, alors quelque chose de crucial est nécessaire, à savoir, la connaissance de la réalité de Dieu. C’est la seule chose qui nous sauvera d’être de simples techniciens. Il nous est donc recommandé de considérer Jésus en Hébreux 3 : 1, « C’est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez Jésus, l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons. » Il y a une connexion inexorable entre l’apostolat et le sacerdoce. Il ne manque rien dans notre façon de penser par rapport aux choses apostoliques, mais il y a un véritable manque de conscience des choses sacerdotales. Nous pourrions essayer d’accomplir d’autres ministères ou de répondre à n’importe quel appel sans s’être impérativement centré sur la « grande-prêtrise », bien que j’en doute, mais en fait quelque chose d’apostolique est éternellement joint au sacerdoce souverain. C’est ce qui est exprimé dans l’appel céleste de Jésus et c’est effectivement ce qui le rend céleste, et cela fait, nécessairement, partie de notre appel aussi. Jusqu’à ce que Dieu inspire et restaure en nous un véritable sens du sacerdoce, nous ne participerons pas à un appel qui soit céleste. Le mot ‘céleste’ ne fait pas allusion à quelque chose de spatial, mais à une façon de penser, une mentalité, ou une façon d’être. C’est le caractère particulier de quelque chose de difficile à définir, mais quand vous le rencontrez, quand quelque chose vous en est communiqué, ou insufflé, vous le saurez. Si le terme sacerdoce est juste une désignation fantasque qui a un sens brumeux, alors cela signifie que notre sens sacerdotal est tout aussi brumeux. Le monde est dénué du sens des choses célestes à cause du manque de prêtres qui soient en mesure d’apporter cette dimension de la réalité. En fait, un autre synonyme de ciel est réalité. Quelle que soit la réalité, alors c’est le ciel. Il faut même une mentalité sacerdotale pour en être conscient et pour le ressentir, et un ministère sacerdotal pour l’amener dans un monde qui est inhospitalier au ciel. La terre s’oppose aux choses célestes et pourtant l’humanité languit pour le manque de prêtres.

Pendant longtemps, j’ai considéré l’enseignement sur les vêtements sacerdotaux et la nomenclature se rapportant à la prêtrise, tout à fait ennuyeux. Mais je suis maintenant convaincu qu’il y a un poids éternel de gloire dans toutes les choses qui se rapportent à la prêtrise. Le fait d’être sacerdotal doit tant précéder qu’accompagner la marche apostolique. Nous avons d’urgence besoin de Dieu pour restaurer sur nous l’esprit de véritable sacerdoce et toucher et transformer chaque aspect de nos vies, de notre marche et de notre ministère. Il est nécessaire d’être ministre en Dieu et d’être au service de Sa vie, avant de servir les hommes avec la Vie de Dieu. Si nous manquons le sens de la sacralité de Dieu, qui doit être trouvée seulement dans le lieu saint, par ceux qui ont la posture du prêtre, c’est-à-dire prostré comme un mort devant Lui, alors il y aura là quelque chose de fragile, quelque chose qui manque, et quelque chose en toc dans la vie et le ministère que nous apportons. Il y a un cri de Dieu pour la restauration de la prêtrise qui seule nous sauvera des démonstrations superficielles qui sont exécutées soi-disant en Son Nom.

La Consécration Lévitique

Le Chapitre huit de Lévitique décrit la consécration des prêtres. En le parcourant, on ne peut s’empêcher d’entendre un son étrange et ancien. Cela semble tellement loin de tout ce qui peut être considéré comme actuel, pour que l’on soit tenté en toute hâte de le délaisser comme quelque chose de légitimement enterré dans l’antiquité et n’ayant plus aucun droit à notre attention. Cette attitude est complètement fausse, car tout dans ce chapitre est profondément pertinent pour notre époque ; peut-être même plus pertinent pour nous maintenant que cela l’était pour la génération Biblique à laquelle cela a été dit.

Ce chapitre commence par ces mots précieux : « alors le Seigneur a parlé à Moïse » et continue avec, « Comme le Seigneur a ordonné à Moïse … Comme le Seigneur a ordonné à Moïse … Comme le Seigneur a ordonné à Moïse. » Dès le début, Dieu veut river nos esprits sur l’origine Divine de tout ce qui doit suivre. Il n’y a pas une exigence qui soit donnée, pas une ordonnance dans cela, qui pourrait avoir eu son origine dans la réflexion humaine. Le concept entier est complètement Divin et contraire à la chair. C’est une attaque calculée contre la sensibilité humaine et le bon goût. Elle a son origine dans le cœur de Dieu et contredit complètement tout ce qui est humain et elle a, donc, d’autant plus de valeur et elle est d’autant plus révélatrice.

On ressent une certaine forme d’épuisement rien qu’à la lecture de ce chapitre. Quel doit être alors l’effet de participer vraiment à l’accomplissement de toutes ces exigences de Dieu ?

Tout l’abattage d’animaux, l’aspersion du sang, l’holocauste et le fait de s’asseoir sept jours à la porte de la tente d’assignation est apparemment absurde et épuisant. Quand tout était terminé et que ces hommes éclaboussés de sang attendaient à la porte de la tente d’assignation, tout ce qui semblait séduisant et honorifique pour la chair à propos du rôle et du titre de prêtre, aura pâli et sera éteint. Cela nous guérira des notions romantiques de ce que signifie « sacerdotal ». C’est plein de sang, de carnage et d’épuisement. Les détails et les exigences sont si extraordinaires.

L’Eternel parla à Moïse, et dit : « Prends Aaron et ses fils avec lui, les vêtements, l’huile d’onction, le taureau expiatoire, les deux béliers et la corbeille de pain sans levain ; et convoque toute l’assemblée à l’entrée de la tente d’assignation. » (Lévitique 8 :1 - 3)

Nous devons prendre note que les gens étaient tenus d’observer le processus entier comme une instruction vivante. La déclaration de Dieu à la congrégation entière d’Israël n’était pas ce que les prêtres disaient, mais ce qu’ils faisaient et ce qui leur était fait et ce qui était fait pour eux. Ils avaient un avantage que nous n’avons pas. Nous ne voyons pas d’animaux coupés en deux et l’absurdité de recueillir leur sang dans des cuvettes et d’en asperger l’autel et les ustensiles et les vêtements des prêtres et leur oreille, leur pouce et leur gros orteil. Quelque chose doit arriver à celui qui regarde cela. Quelque chose doit s’inscrire profondément sur sa conscience à propos du sens du péché, et ce qu’il faut pour l’expier. Quelqu’un devait se tenir debout entre Dieu et l’homme, et la mort devait d’une manière ou d’une autre être exécutée pour obtenir la chose donnant la vie, car la Vie est dans le sang.

Et donc, s’il y a une prêtrise du Nouveau Testament, nous ne l’apprécierons jamais vraiment dans la profondeur que Dieu a prévue, à moins que nous ne comprenions ce qui l’a précédé et ce qui l’a annoncé. Il y a donc certaines choses essentielles de la prêtrise elle-même qui ont été données et décrites en premier, puis amenées et incluses dans le Nouveau Testament, la prêtrise de Melchisédech ; ce n’est pas que cette dernière ait remplacé l’ancienne. Dans un sens c’est vrai, mais elle a aussi été incluse et a pris en elle le sens le plus profond donné à la prêtrise au tout début.

« Moïse fit ce que l’Éternel lui avait ordonné ; et l’assemblée se réunit à l’entrée de la tente d’assignation. Moïse dit à l’assemblée : Voici ce que l’Éternel a ordonné de faire. Moïse fit approcher Aaron et ses fils, et il les lava avec de l’eau. Il mit à Aaron la tunique, il le ceignit de la ceinture, il le revêtit de la robe, et il plaça sur lui l’éphod, qu’il serra avec la ceinture de l’éphod dont il le revêtit. Il lui mit le pectoral, et il joignit au pectoral l’urim et le thummim. » (Lévitique 8 :4-8)

Combien d’entre nous sommes disposés à être décapés et lavés dans l’eau de la Parole ? Comment sommes-nous disposés à endurer l’humiliation de la nudité devant les hommes, avant que même le premier vêtement sacerdotal puisse être mis ? Moïse a lavé Aaron et ses fils avant que les vêtements soient revêtus. C’était une humiliation publique et tout Israël regardait les préliminaires de leur consécration. L’humiliation est donc au cœur du sens du mot prêtrise. Les vêtements étaient attachés aux prêtres avec des cordes habilement tissées. Là il n’y avait pas de rapide changement « occasionnel » de costume derrière la scène. La prêtrise n’est pas un rôle qu’on exécute derrière la chaire, et qu’on enlève ensuite de retour à la maison. Ce n’est pas un appel qu’un homme choisit parce qu’il croit que c’est un appel. C’est une préparation astreignante, pas une chose teintée de légèreté, ni accomplie avec indifférence.

« Il posa la tiare sur sa tête, et il plaça sur le devant de la tiare la lame d’or, diadème sacré, comme l’Eternel l’avait ordonné à Moïse. » (Lévitique 8 :9)

Aaron portait une lame d’or qui était posée sur son front et dont il ressentait la présence à chaque pas qu’il faisait. Nous ferions bien de ressentir le même bouclier d’or sur lequel sont inscrits les mots, « Sainteté à Dieu » A chaque pas et chaque mouvement de notre corps, serait imprimé sur nous, « Sainteté à Dieu … Sainteté à Dieu … Sainteté à Dieu » Vous ne pourriez pas vous gratter pour l’enlever, ni faire un geste sans que cela appuie sur votre tête, « Sainteté au Seigneur. » Nous devons nous en souvenir tout le temps, parce que notre tête veut toujours des opportunités, si nous lui accordons, d’avoir ses propres déplacements, ses propres joies, ses propres activités et ses propres pensées. L’esprit doit constamment être amené à la connaissance de la « Sainteté au Seigneur. » Il y aurait beaucoup moins de ministères tape-à-l’œil et charnels et beaucoup moins de ruée pour monter à la chaire, si ce poids d’or appuyait carrément entre nos yeux. Sentons à nouveau ce poids à chaque pas que nous faisons. Alors seulement, et seulement après avoir été ainsi revêtu, et ainsi préparé, le sacrificateur reçoit-il l’huile d’onction.

L’Huile d’Onction

« Moïse prit l’huile d’onction, il oignit le sanctuaire et toutes les choses qui y étaient, et le sanctifia. » (Lévitique 8 :10)

Si Dieu exigeait que les ustensiles et mobiliers soient oints, alors combien l’exige-t-Il encore plus pour les vaisseaux de chair et de sang que sont réellement Ses ministres ? Estimons-nous correctement l’onction de Dieu ? Si jamais un sujet mérite d’être examiné, c’est le phénomène de l’onction, et nous devons avoir le plus profond respect pour elle. Des ingrédients très chers, finement trempés ensemble, étaient nécessaires pour la faire et Dieu ordonnait qu’elle ne soit pas versée sur la chair de l’homme. Il y avait aussi une sanction extrême pour celui qui ferait quelque chose de ce genre. Vous n’oseriez pas concocter quelque chose d’approchant, ou d’équivalent à l’huile sainte d’onction. Les ingrédients ou les épices utilisés étaient habituellement associés au fait d’oindre un corps pour l’ensevelissement. Ils avaient une fragrance très particulière et ne devaient pas être employés pour les choses qui concernaient les desseins des hommes, mais de Dieu seulement.

Combien de fois avons-nous été coupables de faire notre propre huile ? Nous pouvons en dire beaucoup à propos de l’onction fictive, des choses qui y ressemblent, et ne le sont pas, mais qui ont vraiment plus l’éclat de la personnalité humaine. Combien peuvent faire la distinction entre leur propre personnalité humaine et l’onction sainte de Dieu ? Il y a tant « de cracks » qui opèrent aujourd’hui et qui ont le don d’orateur et une capacité à le faire, et qui savent comment diriger et accomplir, mais ce n’est pas du tout l’opération de l’onction. Dieu ne va pas nous imposer la perfection si nous sommes trop satisfaits par le substitut. Quand la chose artificielle est repoussée et que nous nous reposons entièrement sur ce que Dieu donne, alors nous sommes candidats pour le recevoir. A chaque fois que nous augmentons les amplis, ou que donnons un peu de tremolo à nos voix ou ajoutons un peu de tape à l’œil, ou bougeons de manière à faire un effet, alors cela c’est la fausse onction. Quand nous faisons étalage de notre vocabulaire, que nous faisons du « charme » ou faisons une invitation que nous savons calculée pour jouer sur les réponses émotionnelles de nos auditeurs, ce n’est rien d’autre qu’un « feu étranger ». Ce n’est pas une confiance absolue dans la puissance de l’Onction en elle-même pour obtenir les conséquences que Dieu désire à travers Sa parole.

Watchman Nee nous a avertis au cours des années 1920 que la tromperie la plus mortelle des Derniers Jours serait l’émotionnel, qui viendrait par la technologie, se substituant au domaine de l’Esprit. Nous devons à la fois prendre garde à cela et rester prudents, de peur que nous ne nous trouvions dépendants d’une puissance charnelle plutôt que de la puissance de l’Esprit. Nous avons fait tout ce qui est imaginable au cours des années passées pour imiter l’onction de Dieu. Par exemple, en faisant de l’effet avec les intonations dévotes, l’amplification de son ou les effets spéciaux, nous avons essayé de faire les gens « ressentir la présence de Dieu » -mais la différence est toujours visible. Nous savons comment produire de bons « services » et « prêcher » de bons « sermons », mais nous ne pouvons jamais produire la gloire du ciel. Nous devons être prudents, pas seulement avec la technologie, mais aussi avec notre propre voix et notre personnalité comme instruments employés avec ruse pour obtenir une certaine réponse. Nous ne devons pas essayer de produire la « victoire » avec ingéniosité ou avec des tournures de phrases et de vocabulaire, ou avec un raisonnement habile et intellectuel.

Le Sacrifice

« Il en fit sept fois l’aspersion sur l’autel, et il oignit l’autel et tous ses ustensiles, et la cuve avec sa base, afin de les sanctifier. Il répandit de l’huile d’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit, afin de la sanctifier. Moïse fit aussi approcher les fils d’Aaron ; il les revêtit de tuniques, les ceignit de ceintures, et leur attacha des bonnets, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. Il fit approcher le taureau expiatoire, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du taureau expiatoire. Moïse l’égorgea… » (Lévitique 8 :11-15a)

Nous devons comprendre ce qui est sous-entendu quand Moïse égorge le taureau. C’était un phénomène horrible d’apporter la mort là où il aurait dû y avoir la vie, et cela était fait devant la congrégation tout entière. Ils regardaient le couteau entrer et le sang jaillir. Ils voyaient l’animal chanceler, tituber et tomber, et ensuite être découpé. C’était une scène vivante devant leurs yeux. Le fait de tailler en pièces les animaux, en les regardant tressaillir tandis qu’on leur coupait la gorge, était un acte de folie totale, et il n’y avait rien dans l’acte qui pouvait être expliqué par la raison.

« …Il prit du sang, et en mit avec son doigt sur les cornes de l’autel tout autour, et purifia l’autel ; il répandit le sang au pied de l’autel, et le sanctifia pour y faire l’expiation. Il prit toute la graisse qui couvre les entrailles, le grand lobe du foie, et les deux rognons avec leur graisse, et il brûla cela sur l’autel. Mais il brûla au feu hors du camp le taureau, sa peau, sa chair et ses excréments, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. » (Lévitique 8 :15b-17)

C’est l’opposé de ce que ferait l’homme, ce qui montre combien le ciel est diamétralement opposé à l’estimation et à la considération terrestres. Nous aurions sauvé la chose que Dieu détruit et les choses que nous aurions rejetées comme dégoûtantes et vaines sont les mêmes choses que Dieu appelle sacrifice. La chair et la peau que nous aurions savourées comme étant de grande valeur, étaient brûlées avec les excréments. Elles ne devaient pas seulement être brûlées, mais brûlées à l’extérieur du camp ; tel est le dégoût de Dieu pour la chair. Ce que l’homme estime est une abomination à la vue de Dieu.

Les choses qui ont une saveur douce pour Dieu sont l’intérieur, les parties intérieures — pas les choses extérieures. Dieu ne s’intéresse pas à la peau extérieure et à la chair ; Il les compte avec les excréments. L’intérieur, l’homme intérieur, travaillé par Lui dans les endroits cachés, né du combat intérieur, est comme un bonbon et est d’une agréable saveur à Dieu. Nous sommes coupables en tant que chrétiens contemporains d’offrir à Dieu nos personnalités, notre charme et nos capacités charnelles, notre « séminaire » ou notre entraînement à devenir un personnage religieux, simplement parce que nous n’avons pas les choses intérieures à offrir, n’ayant jamais appris à demeurer tranquilles ou à attendre devant Dieu. Nous avons méprisé la souffrance, le reproche et l’obscurité dans laquelle seul le sacrifice de bonne odeur est formé profondément en nous. Nous n’avons pas estimé de telles choses comme Dieu les estime et nous avons préféré nous en passer. Nous avons besoin de l’obéissance et de la vision qui nous permettront d’amener notre peau et notre chair à l’extérieur du camp et de l’exclure de l’endroit saint, ainsi que de la chaire.

Vous ne pouvez pas dire où finit le sacrificateur et où commence le sacrifice, car le sacrificateur et le sacrifice sont un. Et le sacrificateur qui est vraiment un sacrificateur et qui est lui-même un sacrifice, est celui qui a « la graisse », une accumulation ou un résidu, ou les œuvres intérieures de Dieu dans le lieu caché. Il connaît Dieu dans le lieu caché derrière le voile des circonstances et des sentiments extérieurs. Dieu s’est occupé de lui de façons qui ne peuvent être expliquées aux hommes, des voies qui sont scandaleuses et que les hommes considèrent comme un reproche, des voies qui laissent quelqu’un complètement seul pour subir et endurer. Il y a des humiliations, des choses que Dieu a travaillées en vous dans la tranquillité et le silence, des choses qui sont calculées pour vous conduire à Lui. Peu se sont ouverts à Dieu pour cette transaction dans cet endroit intérieur, où quelque chose peut être construit et d’odeur agréable. La plupart d’entre nous sont protecteurs et nous n’autorisons ni Dieu ni quelqu’un autre dans cet endroit. Nous nous sommes protégés de la souffrance et de la douleur, et donc, notre vie entière est basée sur l’extérieur.

L’identification

Il y avait aussi une identification avec le sacrifice, quand Aaron et ses fils posaient leurs mains sur les têtes des animaux. Il y a quelque chose d’inhérent dans la prêtrise en transmettant par l’imposition des mains, l’identification symbolique avec quelque chose qui entre directement dans la chose apostolique. Nous voyons le même principe en Hébreux 2 :17, En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car comme Lui-même a été tenté dans ce qu’Il a souffert, Il est capable de venir en aide à ceux qui sont tentés.

Cela correspond exactement à Aaron et à ses fils posant les mains sur les animaux. C’est une identification avec la chose qui est sacrifiée de quelque chose qui a besoin de mourir comme un substitut pour le péché de l’homme. Le sacrificateur admet sa propre culpabilité et les péchés de la nation en posant les mains sur ce qui est offert comme un substitut pour eux. C’est comme le dit Job, « C’est pourquoi je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » Autrement dit, il disait qu’il devait descendre dans la mort, et que le seul endroit pour lui, devant un Dieu saint, était d’être comme un homme mort.

Ce principe de l’imposition des mains confère vraiment quelque chose ce qui est venu de Dieu, parce que vous vous êtes déjà aussi identifiés comme un sacrificateur avec l’homme dans son péché, ses faiblesses et ses défauts, comme Jésus Lui-même l’a fait. Le véritable sens de ce que cela signifie d’être homme, était l’expérience de Jésus — cette identification totale, pas seulement en posant les mains, mais en l’étant véritablement. Ce n’est pas une considération académique de la fantaisie et de pratiques ésotériques de la prêtrise de l’Ancien Testament, mais Dieu frottant nos visages dans la poussière et dans la réalité de ce qui doit être attaché à l’apostolat, à savoir, la prêtrise. La prêtrise est trempée dans le sang, sang et sacrifice, directement jusqu’à nos coudes — et vous devez le manger !

L’Obéissance

Il (Moïse) fit approcher l’autre bélier, le bélier de consécration, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tête du bélier. Moïse égorgea le bélier, prit de son sang, et en mit sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit. « Ecoute, O Israël ! » est le début de tous les commandements de Dieu. Entendre c’est obéir, et obéir, c’est faire. De l’oreille à la main, de l’audition à l’action, il doit y avoir une réponse sans obstacles. Jusqu’à ce que Dieu ne nous possède tout entier dans chaque sorte d’acte, peu importe combien cela contredit nos dispositions naturelles, alors Il n’a pas encore de sacrificateur. Le sang sur l’orteil suggère le contrôle Divin sur la direction de nos vies. Jusqu’à ce que nous soyons disposés à rester dans ces situations assommantes et exigeantes dans lesquelles Dieu nous a placés, alors le sang de consécration n’est pas sur notre orteil. « Partir » ou « rester » doit procéder d’une mort à tout autre chose que la Parole de Dieu.

Combien de nous préméditons nos décisions sur la base de la pure logique, plutôt que sur la conduite par l’Esprit du Dieu Vivant ? Je ne suis pas opposé à la logique ou à l’utilité, aussi longtemps que c’est la logique de Dieu et Son utilité, et aussi longtemps que ce n’est pas au détriment de l’audition de la voix de l’Esprit. Nous sommes entièrement capables de tirer des conclusions raisonnables de comment ceci ou cela aidera dans le service de Dieu, ou comment cela servira davantage Ses intérêts, sans jamais avoir entendu de Lui Ses intentions. Combien de vraies œuvres de Dieu ont été suscitées prématurément, ou sont mort-nées et mortes, parce que quelque chose en nous n’était toujours pas touché par le sang du sacrifice ? Nous ne pouvons entrer dans l’appel élevé, céleste sans l’huile et le sang. Nous ne pouvons, de nous-mêmes, satisfaire ses demandes. Nous pouvons seulement entrer dans le pouvoir d’une Autre Vie. Quand nous sommes devenus mécontents de tout ce qui est moindre, quand nous avons chancelé et avons titubé face aux demandes de cet appel, alors nous apprenons à voir que pour entrer dans cette prêtrise, nous devons entrer dans le Grand prêtre Lui-même. Le livre d’Hébreux nous conduit à la réalité que la prêtrise Lévitique n’était qu’un type et une ombre. Il y a un ordre de prêtrise plus élevé, plus sublime, plus exalté et de plus exigeant : l’ordre de Melchisédech, le roi de justice et de paix.

La plupart d’entre nous avons une notion assez glamour de ce qu’est un prêtre de Dieu ; une notion provenait de notre propre humanité, née de la terre au lieu d’être transmise du ciel. Le fait que notre compréhension soit charnelle est reflété dans notre manque de confort et notre manque de compréhension de ces exigences Lévitiques. Malheureusement, elle est aussi reflétée dans notre conduite et dans l’offrande de nos vies journalières dans la maison de Dieu, où il y a peu de preuves de nettoyage et de consécration, les choses mêmes que Dieu exige pour administrer ce qui est céleste.

Attendre en Silence

Après que tous ces sacrifices avaient été faits pour la consécration des prêtres, il y avait encore une dernière chose.

« Vous resterez donc sept jours à l’entrée de la tente d’assignation, jour et nuit, et vous observerez les commandements de l’Éternel, afin que vous ne mouriez pas ; car c’est là ce qui m’a été ordonné. » Aaron et ses fils firent toutes les choses que l’Éternel avait ordonnées par Moïse. » (Lévitique 8 :35-36)

Il y a quelque chose de si humain en nous qui est compétent pour créer des écoles de disciples dans le but de former des hommes en trois mois et de les envoyer changer le monde. Où est l’attente ? Il y a une démangeaison humaine, où se cache le dernier refuge du moi, soi-disant en faisant l’œuvre de Dieu, mais qui en fait le corrompt et l’empêche d’être une œuvre pure et sacerdotale. Ce n’est pas, et cela ne sera jamais, une œuvre aux conséquences éternelles. Cette attente finale apporte d’une manière ou d’une autre la mort à cette dernière chose. Nous ne devons pas nous précipiter pour accomplir notre « ministère ». Il y a une saison pour attendre qui est une attente ultime. Sept est le nombre d’achèvement. On peut faire beaucoup ‘de bonnes’ choses, mais les choses ultimes, les choses sacerdotales, les choses apostoliques, exigent l’attente de sept jours à la porte de la tente d’assignation. Beaucoup d’entre nous sommes restés très peu à cet endroit même, et avons permis la coupure et le dégraissage, mais nous nous sommes précipités prématurément sans d’abord attendre que le dernier processus de Dieu prenne place.

Le livre des actes, au chapitre 13, commence avec un groupe des gens qui servent, unis en Vie devant le Seigneur. Dans cette façon d’être, l’Esprit Saint pouvait dire, « Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Ces hommes étaient mis à part, ou consacrés, dans une séparation tellement ultime qu’ils auraient été aussi contents de rester au lieu de culte à Antioche que d’être envoyés pour les buts de Dieu. Ils en étaient à un endroit de mort à eux-mêmes, même au désir religieux de servir Dieu et d’en voir le fruit et d’être utilisés, à tel point que rester ou partir était la même chose pour eux. C’était une séparation complète avec tous les aspects d’ambition les plus profonds et les plus subtils qui se cachent dans le dernier endroit où ils peuvent trouver refuge, à savoir, une ambition religieuse et spirituelle de faire pour Dieu.

Dieu a dit que nous ‘mourrons’ si nous allons avant le temps, de nous-mêmes. Un nombre incalculable l’ont fait et sont morts - un court jet, une petite rafale d’activité et de reconnaissance, et ensuite perdu dans l’obscurité. Les sept jours d’attente sont la mort finale à cette dernière impulsion de faire pour Dieu, et d’être trouvés actifs. Quand nous avons passé ces sept jours, alors nous sommes en sécurité pour servir d’une façon sacerdotale pour Dieu, libres de toute considération de l’effet et de l’avantage pour nous. S’il y a encore en nous quelque chose qui veut être entendu ou remarqué, impliqué ou compris, reconnu ou « fructueux », alors notre service n’est pas sacerdotal. Nous sommes une génération qui a tellement l’esprit « orienté ministère », tellement « orienté sur l’action » que nous n’avons aucune conception et aucune disposition pour voir l’investissement extraordinaire que Dieu exige dans la préparation de Ses serviteurs dans Sa vie quotidienne dans Son église, et dans la situation, la formation et la révélation. Dieu met Sa prééminence sur ce que nous sommes, pas sur ce que nous faisons. Si faire ne découle pas d’être, alors ce n’est pas apostolique.

L’église au sens large voit plus ou moins le service sacerdotal comme un peu plus qu’une prestation pour laquelle ils paient, et donc ils reçoivent juste ce pour quoi ils paient : des services bon marché, peu profonds, et non célestes, contrôlés et avec des têtes d’affiche et asphyxiés par de simples individus –et non par une NATION de Sacrificateurs. Ils peuvent sembler bibliquement corrects, mais ils sont incapables de transformer les vies. Les gens n’ont pas été amenés à un véritable Endroit Céleste, légitimé, non par des frissons dans un salon ou dans une grandiose réunion religieuse, mais par des vies changées. Nous n’avons pas connu l’atmosphère divine et respiré le parfum qui vient du Trône parce que nous n’étions pas disposés à attendre en silence devant Dieu et dans Sa formation. Les « services du dimanche » ont été tellement structurés pour convenir d’une façon optimale aux gens, pour nous permettre un temps suffisant pour dormir et pour qu’ils se terminent, et encore qu’ils ne durent pas trop longtemps afin de ne pas perdre la journée. Nous laissons un temps libre suffisamment disponible pour le football, ou quel que soit notre bon plaisir. Nous devons regarder le Christianisme moderne comme la religion de commodité, contraire à toute l’attitude du sacerdoce. Nous devenons facilement distraits, nerveux, démangés et impatients et clairement pas concernés –dupes des évènements et leurrés par le clergé- pour chercher et vivre la Vie quotidienne comme des Sacrificateurs.

Il n’est pas question d’un homme ou d’un taureau, mais de nous qui sommes posés sur l’autel. Dans l’attente, chaque chose charnelle, chaque artifice ou dispositif humain, chaque désir de performer et de gagner un peu de gloire pour nous, chaque tendance à l’indolence, à la peur de prendre la voie facile et bon marché, remonte à la surface. C’est une sorte de bataille de l’esprit quand on s’engage vraiment à attendre. Des pensées viennent à l’esprit à propos des choses qui doivent être faites et comment le temps devrait vraiment être employé. Être en mesure d’écarter cela et de conduire nos esprits à un endroit de calme dans la présence de Dieu, libres de distractions de pensées, n’est pas une petite chose. Nous n’allons pas y arriver rapidement, mais par un processus de temps et d’expérience dans l’attente, afin d’amener nos esprits à la soumission de Christ et de ne pas nous permettre d’être sous l’influence de chaque pensée égarée.

Tout cela demande d’être amené à l’autel, d’être taillé et coupé, et que l’élément vital gicle jusqu’à ce qu’il meure là, un sacrifice spirituel devant Dieu. Ce n’est pas vraiment un mystère que nous prenions si peu soin d’attendre le Seigneur. Nous avons même moins de penchant à faire ce genre de sacrifice que nous l’avons pour la boucherie demandée aux Lévites. Nous trouvons cette « effusion de sang » spirituelle répugnante, une telle révélation trop embarrassante et pénible. Nous sommes trop offensés par une telle exigence, trop prêts à la juger absurde, démodée, sans amour et comme un gaspillage.

Les disciples ont une fois demandé à Jésus, « A quoi bon cette perte ? » Ils faisaient référence à la femme qui a fracassé le couteux vase d’albâtre, et Jésus leur a dit de ne pas l’en empêcher car elle avait fait une bonne action. C’est le seul moment dans les Évangiles où Jésus a reconnu une action humaine comme étant bonne. Son travail n’était pas seulement bon, mais partout où l’Évangile allait être proclamé dans le monde, ce qu’elle avait fait serait raconté en souvenir d’elle. C’était une extraordinaire reconnaissance du caractère unique de qu’elle avait accompli. Pourtant la même action vue par les disciples les a conduits à l’indignation quant au gaspillage.

Attendre - en déposant nos vies en « gaspillage » - ne se conclut pas dans l’espoir d’une percée pour nous-mêmes. Ce n’est que masquer sa vie propre. Mais nous devons plutôt savoir que Dieu est Dieu et qu’Il mérite cette reconnaissance. Nous ne devons pas espérer, en attendant, une quelconque conséquence à notre attente, parce que l’attente à laquelle sont attachées des conditions, même des conditions spirituelles, et qui attendent la bénédiction, n’est pas la véritable attente sacerdotale. L’attente, c’est seulement attendre quand nous ne demandons rien, ne désirons rien et ne nous attendons à rien. Nous ne faisons aucune revendication, nous n’exigeons pas, nous sommes Sa création et Il est le Créateur. Ça, c’est sacerdotal.

Les besoins sont partout autour de nous, criant pour notre attention. Seul un « Fils de Dieu » sacerdotal pouvait avoir attendu deux jours de plus quand Il (Jésus) a appris que Son ami Lazare, qu’Il aimait, était malade à la mort. C’est le véritable cœur du sacerdoce. Il n’y avait pas d’allégeance à la chair, aux sentiments, aux besoins humains ou à une attente humaine, mais au Père seul. La véritable attente a une plus douce saveur pour le Seigneur que même le sacrifice consumé, d’autant plus quand on doit subir le reproche de cette attente par ceux qui sont des activistes et vous disent, « Eh bien, que fais-tu ? » Et que vous ne pouvez pas leur répondre le moindre mot !

Dans notre action pour Dieu, il est possible d’être secrètement, ou même inconsciemment, en train d’obtenir quelque chose pour nous, ce qui la disqualifie donc comme sacerdotale. Le ministère sacerdotal pur n’apporte rien au ministre pour lui-même. Il est complètement et exclusivement pour Dieu. Paul écrit souvent, « Pour l’amour de vous » et « Pour l’amour de Dieu », mais jamais pour l’amour de Paul. Paul est un exemple de sacerdoce du Nouveau Testament et il ne pouvait donc refuser la totalité du but et du conseil de Dieu. Il n’a pas considéré qu’il puisse être approuvé, que les hommes l’apprécieraient, comment ils réagiraient, ou même si c’était approprié. Un prêtre est complètement altruiste, n’ayant aucun égard pour lui. Et vous devez être ainsi, pour Toucher à la fois Dieu pour la terre, et la terre pour Dieu –votre appel, votre privilège, votre Destinée.

C’est coûteux, mais finalement glorieux, d’attendre Dieu jusqu’au bout des sept jours. Nous avons besoin de venir à cet endroit sacerdotal et à sa réalité, en ayant vécu une telle attente. Si Dieu exige action ou activité, alors celle-ci doit toujours s’écouler de l’attente. L’attente est devenue si intégrée à la vie sacerdotale, que même les actes de Dieu qui émanent de nous, quand ils nous sont demandés, viennent toujours de ce temps d’attente. Je suis convaincu que les plus grands exploits des Derniers Jours viendront de l’attente devant Dieu, de ceux qui connaissent ce repos et qui, par le gaspillage de trouver le temps pour cela, en ont fait un aspect habituel de leur vie sacerdotale.

L’attente (abandon à Sa Vie, et aux autres vies, sans faire attention à vous) inaugure votre appel de sacrificateur, mais ce n’est pas sa finalité. L’attente doit être caractéristique de notre entière façon de penser et de notre disposition devant Dieu, pas seulement pour le temps du sacrifice, mais même dans le processus du sacrifice. Croyez-vous que l’on puisse attendre, même en parlant aux autres ? Pendant que vous répondez et faites une remarque en regardant vers le ciel, vous comptez sur Dieu pour la déclaration suivante. « Ne cherchez pas ce que vous direz, ou comment le dire. Mon Père parlera à travers vous en ce jour ». C’est la disposition remarquable de style intérieure, même pendant que l’on est actif. Cette sorte d’attente est pratiquement inconnue à nos considérations modernes, mais elle doit être restaurée. Il y a une conjonction entre la volonté et la capacité d’être invisible et pas entendu, et pour être préparés à travers Sa Vie par Son Esprit, Sa discipline, et dans Son Corps quotidiennement. Cela concerne le pouvoir, la gloire et l’autorité qui est manifestée quand nous sommes appelés à être utilisés. On ne sait jamais quand l’Opportunité viendra, ou même si elle viendra, mais on doit venir à cet endroit sacerdotal où cela ne fait aucune différence. Attendre devant Dieu en silence et désirer être purgé et être vulnérable devant Dieu et ceux dans lesquels Il demeure, semble étrange et indésirable à la plupart. Et pourtant, seul le service sacerdotal est le service efficace.

Cette chose humaine, cette corruption qui s’exprime dans le témoignage et dans le simple service quotidien de Dieu, bien qu’elle puisse être compatible avec « de bonnes » réunions, empêche et contrecarre l’expérience de la gloire de Dieu tombant comme un feu du ciel. Être jaloux pour la gloire de Dieu et pour le feu du ciel, est une motivation pour attendre. Si notre motivation est seulement le succès, les bons messages et les bons services, alors nous n’aurons pas la persévérance et la stimulation pour cette attente finale, qui est la mort nécessaire qui doit précéder le feu qui tombe. Le feu qui tombe du ciel peut s’exprimer dans un silence saint devant Dieu, un moment tel que vous arrêtez pratiquement de respirer. Dieu est là ! Et nous avons besoin de beaucoup plus de ces moments, et Dieu veut que nous en ayons beaucoup plus, non parce que nous sommes des « chercheurs de gloire » dans le sens où notre chair veut être titillée, mais parce que la terre entière devrait être remplie de Sa gloire. Sa gloire est le témoignage de Lui-même, que nous interdisons souvent nous-mêmes et que nous empêchons par nos propres actions religieuses et ministérielles, parce que nous ne savons pas et ne sommes pas disposés à attendre. Les hommes peuvent accomplir la religion avec réussite et avoir des « réunions » ou des « missions » -mais seul l’entretien avec Dieu peut faire tomber le Feu du Ciel, la Gloire de Dieu.

La gloire de Dieu et le feu de Dieu sont attachés tout autant et exclusivement aux ministères sacerdotaux. La gloire manque dans la maison de Dieu, et c’est la gloire qui enflamme et donne la puissance à la parole, et transforme la doctrine et les simples services religieux en convictions qui changent les vies, et en événements célestes.

La Véritable Bénédiction

Après le dernier sacrifice, et après l’attente finale, et après le dernier geste du sacrifice, alors « Aaron leva les mains vers le peuple et le bénit… » (Lévitique 9 :22a)

Pouvez-vous imaginer à quoi ressemblaient ces mains ? Elles étaient trempées et imprégnées de sang et de violence, jusque sous ses ongles et dans chacun de ses pores. Il ressemblait plus à un boucher qu’à un prêtre. Quand ils avaient façonné un veau en or, Dieu a demandé au peuple d’Israël qui d’entre eux étaient du côté du Seigneur et c’étaient les Lévites qui s’étaient séparés du reste des Israélites profanes et qui étaient venu vers Moïse, se tenant ainsi du côté du Seigneur. Il leur a été demandé ensuite de prendre leurs épées et de parcourir le camp et chaque homme devait faire périr son ami, son père et son voisin. Par cet acte, les prêtres ont été consacrés à Dieu et en fait, le mot « consacré » signifie « les mains pleines de sang. »

Ainsi voici Aaron qui lève les mains pour bénir le peuple. Seuls les prêtres peuvent lever des mains saintes sur les hommes et ordonner la bénédiction du ciel. Seul le prêtre a l’autorité, lui seul a été en présence du Très Haut. Une des raisons pour lesquelles nos tentatives de bénédiction ne transmettent pas de bénédiction, c’est parce qu’elles ne sont pas sacerdotales et elles ne le sont pas parce qu’elles ne sont pas ensanglantées. Elles n’ont rien coûté, il n’y a eu aucun sacrifice. Les priorités comme les leçons de piano et le football, la télévision, le confort et l’amusement restent toujours aussi intenses et inchangées. Ce que Dieu appelle Chrétienté (Luc 9 :57-62), nous l’appelons « légalisme ». Nous essayons de donner la vie aux autres bien que nos vies soient faciles et aisées. Notre simple intonation de mots qui parlent de bénédiction ne constitue pas la bénédiction. Ce n’était pas une main qui a été trempée dans le sang. Un prêtre n’est pas un prêtre s’il ne peut prononcer la bénédiction, et quelle est sa bénédiction si c’est seulement une simple verbalisation sans apporter effectivement la bénédiction palpable ?

En fait, il n’y a eu aucun mot plus galvaudé que le mot bénédiction – Sois béni frère, sois bénie sœur, béni soit le Seigneur, etc. Il a été prononcé et utilisé comme un « substitut » et comme quelque chose qui sonne bien pour ponctuer le silence. Nous avons besoin, donc, d’affronter, et de ramener de la mort, ce mot « bénir ». C’est devenu un pitoyable cliché pour les gens qui ne s’attendent pas même à ce que quelque chose soit conféré par le fait de dire ce mot. La vraie bénédiction est une bénédiction sacerdotale qui réalise quelque chose. Quelque chose de palpable et de tangible est transmis. Quelque chose de manifeste venant du ciel et apporté au plus profond des hommes, et la bénédiction est expérimentée, et son absence est connue par le mot malédiction.

La Gloire de Dieu

« Puis il descendit, après avoir offert le sacrifice d’expiation, l’holocauste et le sacrifice d’actions de grâces. Moïse et Aaron entrèrent dans la tente d’assignation. Lorsqu’ils en sortirent, ils bénirent le peuple. Et la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple. Le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses. Tout le peuple le vit ; et ils poussèrent des cris de joie, et se jetèrent sur leur face. » (Lévitique 9 :22b-24)

Tout avait été fait selon ce qui avait commandé, et alors Dieu Lui-même enflamma le sacrifice de manière surnaturelle. Il est intéressant que le septième jour d’attente soit suivi du huitième jour de libération. Le numéro huit représente la vie de résurrection et le pouvoir. Sept jours de mort totale et le huitième jour de pouvoir, qui est la vie de Dieu Lui-même. Si nous n’avons pas vu cette gloire, c’est parce que nous n’avons pas accompli tout que le Seigneur nous a commandé de faire. S’il y a un seul signe distinctif au cœur de l’apostolat, c’est la jalousie singulière pour la gloire de Dieu. C’est ce qui fait de nous des fous pour l’amour de Christ, à savoir, une foi qui croit à cette gloire, et une jalousie pour la démonstration de cette gloire. Avoir n’importe quel moindre critère pour définir le succès, c’est voler le peuple de Dieu et frustrer le Seigneur Lui-même et nous fixer à un niveau inférieur. Quand la gloire de Dieu apparaît, alors le Seigneur apparaît, car le Seigneur est Sa gloire. C’est cette manifestation dont l’église a si désespérément besoin, autre que le club des hommes –utilisant Dieu comme un charme et une énergie vaine plutôt que comme un Chandelier de Sa Gloire et de Sa Sainteté. Sa gloire n’est pas une chose éthérée, mais un phénomène important qui peut être vu et expérimenté. Nous avons vécu si longtemps sans elle que nous sommes satisfaits simplement en en parlant sans aucune réelle attente. « À Lui soit la gloire dans l’église » est le résumé de l’église par Paul dans Éphésiens 3 :21a. Il doit y avoir la gloire dans l’église, ou ce n’est pas vraiment l’église et elle a échoué dans son but. Si la gloire ne se manifeste pas par l’église, alors elle ne se manifeste pas du tout et si elle n’est pas manifestée dans l’église, alors comment sera-t-elle communiquée ailleurs dans le monde ?

« Et quand tout le peuple le vit ; et ils poussèrent des cris de joie, et se jetèrent sur leur face. » (v 24b)

Voici l’effet de l’apparence de la gloire de Dieu sur les hommes, malgré leur résistance, leur volonté personnelle et leur manque de profondeur. Votre visage est ce que vous êtes. Tout est abaissé devant Dieu quand ils ont vu cela. Et cela seul est la vraie bénédiction. Il n’y avait pas ces trucs « Amen » et « Alléluia » qui ponctuent nos services charismatiques, mais une prostration si profonde et si prononcée que quand vous en remontez, vous n’en remontez jamais comme vous êtes descendus. Toute votre vision, votre entière perspective, toute votre estimation, vos évaluations et vos plans sont affectés par cette descente. Vous ne pouvez pas continuer comme auparavant. C’est ce qui arrive quand vous tombez devant la démonstration de la gloire de Dieu. Le Dieu de Moïse et d’Aaron est toujours Dieu et s’Il a sur terre un peuple de prêtres aussi consacrés que l’étaient Aaron et ses fils, alors cette gloire tombera de nouveau.

Les prêtres devaient enseigner la différence aux gens entre le profane et le sacré. Comment alors en tant que Corps de Christ pouvons-nous manifester cette distinction au monde ? Comment pouvons-nous exécuter le ministère sacerdotal avec un tel discernement quand une réalité sacerdotale est absente de nos propres vies ? Peut-être avons-nous négligé de monter à la montagne sainte, ou avons-nous perdu tout désir pour la gloire de transfiguration. Nous n’avons pas reconnu qu’il y a un endroit saint où on se tient debout seul en présence de Dieu, prosterné d’abord devant Lui, en Le servant. Nous nous sommes contentés de rester à l’extérieur de la tente de la rencontre où notre activité religieuse est devenue une sorte d’amusement, même pas techniquement correcte, mais dépourvue de vraie Gloire et de Sainteté, dépourvue du parfum du ciel et de nos vies sacerdotales ensemble devant Lui.

Jésus Lui-même est venu du lieu saint avec Dieu et il doit en être de même pour quiconque aspire à être prêtre. L’effronterie, la cloche métallique et l’atmosphère humaine, terrestre, si tape-à-l’œil et fait de « bois, foin et chaume », sont la preuve certaine que les hommes n’ont pas attendu dans le Lieu Saint, ou qu’ils ne savent même pas qu’il existe un tel endroit où Dieu les appelle et où Il les attend. Nos voix, comme nos visages, sont une marque et une déclaration d’une relation constante avec le Dieu de toute grâce. Ils indiquent d’une façon indubitable la vérité et la profondeur de la relation d’un croyant avec son Dieu. Quand cet éclat arrive, l’ironie est que nous ne le saurons même pas ! Nous en serons arrivés à un total manque de considération pour nous-mêmes, que nous ne nous rendrons pas même compte que nous brillons. Cet éclat est obtenu dans un seul endroit, à savoir, l’endroit sacerdotal, un lieu d’attente dans la présence de Dieu pour ceux qui croient à un tel endroit, et ont la foi pour y entrer, et vivent et se déplacent et obtiennent leur existence à partir cet endroit. Alors le monde saura la différence entre le sacré et le profane, plutôt que la superstition religieuse, la tradition, et le spectacle auto-indulgent du dimanche matin.

Il y a eu un tel échec de la vie quotidienne sacerdotale devant Dieu exprimée au milieu de nous dans la culture chrétienne que nous avons perdu même le désir de connaître la gloire de Dieu. Beaucoup se sont contentés de si peu, contentés simplement de « bonnes » réunions et n’en attentant pas plus. Une attente doit d’abord être ranimée en nous, une attente que la gloire de Dieu peut vraiment tomber du ciel comme du feu –pas dans le sens de l’Ancien Testament d’un « événement » à un « endroit » en un « jour » - mais dans la vie ensemble dans Sa Maison, chaque jour dans Son Peuple et Sa Famille. Les hommes sont tombés sur leurs faces, avec émerveillement, des halètements, les mains sur leurs bouches et profondément brisés. Si nous désirons ce résultat pour de fausses raisons, alors nous pouvons oublier de le voir. Ceux d’entre nous qui désirent voir les gens tomber dans une grande prostration peuvent même secrètement le désirer pour leur propre glorification : « Voyez ce que mon travail a donné ! » Combien d’entre nous avons l’arrière-pensée de faire un coup d’éclat ? Combien de cela est inconscient, mais néanmoins présent ? Nous voulons voir la gloire de Dieu, mais nous voulons la voir pour notre glorification et donc nous ne la voyons pas. C’est une abomination et nous privons les gens de la gloire de Dieu parce que de telles subtilités d’amour-propre sont toujours inhérentes à nos cœurs charnels pour le ministère. Quand nous cherchons à faire quelque chose pour être reconnus ou pour notre ego, alors c’est la fin de l’Opportunité - ce n’est plus une parole sacerdotale.

Tel prêtre, tel Peuple

C’est une des raisons pour lesquelles nous avons besoin les uns des autres. Il n’y a aucun homme, aussi pur que soit son désir sacerdotal, qui ne glissera un jour dans une sorte de mélange de désir de glorification personnelle s’il n’est pas impliqué dans une relation quotidienne avec d’autres, ces autres qui en détecteront les premiers signes et le lui signaleront. Nous ne pouvons maintenir seuls cette jalousie sacerdotale sainte. C’était Aaron et ses fils. La congrégation entière d’Israël était rassemblée pour être témoin de la consécration d’Aaron et de ses fils, parce qu’ils étaient tous intimement impliqués et profondément connectés Le prêtre n’était pas seulement un fonctionnaire religieux qui recevait un paiement pour les services rendus. Il était un lien vital. Comme est le prêtre, ainsi sera le peuple. Nous voyons dans l’histoire d’Israël le déclin de la prêtrise, la perte de leur but, leur transformation en une classe professionnelle et l’horreur finale que Caïphe devienne le tortionnaire et le persécuteur de Jésus. Nous voyons comment même l’appel le plus haut peut tomber si bas. C’était un engagement d’Israël lui-même. Quand les prêtres en sont arrivés là, alors la nation y était, elle aussi. Si vous voulez étudier l’histoire d’Israël, alors étudiez l’histoire de sa prêtrise. Et aujourd’hui, dans son Alliance, « comme vous allez, ainsi va la prêtrise et la nation ». Quand la classe sacerdotale d’Israël était pleine de zèle et avait un respect céleste pour son appel, alors Israël était à son zénith. Quand ils ont commencé à être séduits et à être attirés par la culture Grecque qui envahissait alors le monde, et qui exaltait l’homme, alors Israël a décliné et s’est finalement effondré. On pourrait dire aujourd’hui la même chose de l’église en général. Nous, aussi, sommes un peu embarrassés et choqués par le dépeçage et par l’effusion de sang qui est inséparable de la Vie de prêtres ensemble chaque jour. Nous sommes aussi entrainés par la culture d’aujourd’hui, à trouver le divertissement, les méthodes, la psychologie et la sagesse de notre temps plus éclairés et plus captivants que l’insistance grossière à nous purger et à nous nettoyer radicalement. Nous nous sommes détournés de la chose sacerdotale de sacrifice et de sang. C’est une autre façon de dire que nous nous sommes détournés du « scandale de la Croix. » Nous ne nous exposons pas, ni n’autorisons « l’intrusion » dans nos vies par l’Esprit de Christ, ou Ses Ambassadeurs, Son Église. C’est notre honte ou notre perte –et on doit y remédier pour Sa cause et pour l’Avenir.

Nous sommes devenus de mielleux professionnels et particulièrement, cette génération. Il y a tant de jeunes hommes dans des situations, pas seulement d’influence, mais dans des situations suprêmes. Ils ont à peine la trentaine et « ont » déjà des « congrégations » de milliers d’âmes. Ils ont réussi comme de jeunes prodiges, avec tout le « savoir-faire, » et dans ces rares occasions où je les aperçois à la télé chez quelqu’un d’autre, je suis écœuré. C’est si désinvolte, mielleux et professionnel, parce que rechercher Dieu, le sang et l’attente, sont inconnus aux hommes de cette sorte. Trop d’hommes ont accepté le clergé au lieu du cadeau Biblique « parmi nous ». Beaucoup de ces clergés ressemblent à des Rabbins modernes plutôt qu’aux prêtres bibliques du Nouveau Testament. Cependant, trop de « congrégations » semblent simplement aimables, religieuses, plutôt que le peuple particulier de Dieu. Nous ne nous en démarquons pas, parce que nous savons intuitivement que cela entrainera une répercussion sur nous. Nous ressemblons trop au monde, comme les mercenaires et le clergé. Ils sont eux-mêmes les images d’accomplissement mondains, dans leurs manières de s’habiller, leurs anneaux, leurs bracelets, et leurs manières de briller, montrant que le monde les a portés au pouvoir.

Dieu a pourtant établi Son ordre. Les couches extérieures, acceptables pour le monde, doivent être enlevées. La Parole doit laver notre nudité. Alors les vêtements sacerdotaux sont mis un par un, dans l’ordre prescrit, et il ne devait y avoir que le lin fin de la justice - aucune laine, car les prêtres de Dieu ne devaient pas transpirer. Ils montaient sur une rampe, pas sur des marches. Ils ne pouvaient pas se permettre de lever leurs jambes sur la marche suivante de peur que l’on n’entrevoit leur chair (Ex 20 :26). Aucune chair ne devait tenir en Sa présence, et aucune sueur, deux signes d’effort physique religieux, humain, plutôt que l’odeur agréable de notre vie de prêtrise entrant dans le repos de Dieu. Avec toute la douleur, toute la tuerie, tout le sang qui coule, on pourrait croire qu’on est trempé de sueur. Mais quand on fait la chose prescrite donnée par Dieu, dans une obéissance exacte par la Vie de Dieu, ce ne sera pas fait avec la sueur. Une des plus grandes ironies de notre temps, c’est que l’on transpire plus le dimanche qu’aucun autre jour de la semaine. Il y a plus de fébrilité, plus d’anxiété, plus d’appréhension et d’épuisement nerveux, plus d’effort charnel pour produire la religion couronnée de succès que nous voulons l’admettre. Si nous étions plus jaloux pour Sa gloire que pour notre propre honneur et notre réputation, alors nous ne transpirerions pas autant. La transpiration montre qu’il y a dans cela quelque chose pour nous, c’est-à-dire que nous ne voulons pas prendre le risque d’échouer devant le peuple de Dieu.

Être sacerdotal c’est ne pas être souillé par l’inquiétude humaine, la disposition humaine et l’effort humain. Il y a quelque chose dans toutes les exigences laborieuses, les sacrifices et les aspersions, d’être si immergé dans le sang et les entrailles du bout des doigts jusqu’aux coudes, qui exclut là d’être n’importe qui abandonné à réaliser quelque chose de sacerdotal. C’est le cœur du mystère de la prêtrise. Il doit être exécuté dans la puissance de Sa vie éternelle, pas dans une effervescence improvisée personnelle dans une représentation de que nous croyons être le ministère sacerdotal. Les prêtres de Dieu doivent être si affaiblis, si dévastés et épuisés de toute bravade et de toute confiance en soi et si remplis de la compréhension de la sainteté des choses qui ont été mises devant eux, qu’ils ne peuvent pas même se permettre de commencer, ou de faire n’importe quoi à partir de leur propre humanité. Décidez de payer le prix d’être ainsi, pour l’amour de l’Agneau, le Grand Prêtre Elevé.

L’appel à la prêtrise

Nous sommes tombés si loin du sens de la prêtrise que nous considérons le service aux hommes comme étant la plus haute expression que nous pouvons ou avons besoin de réaliser. Nous considérons la sueur de nos efforts dans ce service comme la preuve de notre approbation, mais Dieu le voit autrement. Le prêtre céleste vient de l’endroit le plus saint, de l’attente de Dieu, là où il est vidé de toutes ses propres bonnes idées, de ses bonnes intentions et méthodes. Il laisse tomber son ordre de service personnel, son propre message, sa propre sélection de chants, et s’avance avec ce qui est donné par Dieu. Nous avons besoin de voir plus de gens de cette espèce, désireux de renoncer à leurs propres intentions. Il semble y avoir une conspiration, une campagne calculée, pour diriger la conscience de prêtrise de l’église. Nous sommes inondés de sons et de bruits, d’étalages de multimédia, de concerts — de choses sensuelles pour l’œil et pour l’oreille— que non seulement on doit entendre, mais aussi ressentir. Dans ce milieu, Dieu nous appelle néanmoins tous à être les prêtres de Lieu Saint. Si notre parler aux autres et à l’homme déchu amène la libération de la parole de Dieu venant du ciel, alors cela ne peut venir que parce que nous avons entendu ce qu’Il nous a commandé de porter dans l’endroit le plus saint d’entre tous, qui est un endroit de silence.

Ironiquement, quand de tels serviteurs de Dieu au milieu de nous ont attendu dans l’endroit de silence et dans le feu de la préparation, nous ne sommes pas toujours heureux à leur sujet. Nous sommes intimidés parce que nous pensions tout avoir ensemble. Nous nous voyons comme les anciens bien intentionnés et industrieux, qui sont en mesure de citer les Saintes Écritures et qui ont fermement compris les doctrines de la foi et savent comment conseiller les hommes. Alors arrive un visiteur du ciel, qui expose nos vies cachées et nos préférences, un prêtre de Dieu, et nous sommes dévastés et avons envie d’être sur la défensive. Il apporte une aura, une fragrance et un esprit qui nous défie et nous révèle à nous-mêmes. Subitement, nous nous sentons terrestres, lourds et bien trop humains. Nous reconnaissons que beaucoup de ce que nous avons fait et dit est devenu vieux, terrestre et éventé.

Nous avons besoin de plus d’invasions du ciel. L’Église entière locale et dans le monde est appelée à être des prêtres qui viendront déposer leurs vies. Ils serviront les hommes après avoir d’abord de façon sacrificielle servi Dieu dans le Lieu Saint. Nous avons besoin d’une vie sacerdotale ensemble. La vie d’hommes qui ont d’abord fait le sacrifice pour eux, qui ont d’abord offert en sacrifice leur chair, leurs propres ambitions, leur propre vanité et leur tromperie, leur propre peur et leur avarice et leur complaisance d’homme. Nous avons besoin d’hommes qui ont un cœur pour endurer les exigences « fastidieuses » de Dieu et qui se soumettront aux transactions pénibles. Nous avons besoin des hommes qui se sont préparés à voir le sang jaillir, et la chair blessée qui se tortille et qui se débat en agonisant. Nous avons besoin d’hommes qui se tiendront debout dévoués et immobiles, qui permettront à la mort d’être travaillée en eux jusqu’à la fin, qui sont prêts à souffrir le reproche et l’embarras de l’exposition des parties intérieures. De tels hommes sont rares. Ils sont les prêtres de Dieu, qui seuls sont vraiment qualifiés pour brandir l’épée de Dieu, sanctifiée par le sang. Eux seuls ont la disposition et l’intrépidité totale exigée pour couper dans la chair du peuple de Dieu et exposer les parties intérieures cachées de notre être, pour blesser la chair et faire son élément vital s’écouler, au mépris de la réputation et de l’accusation.

La Prêtrise selon l’ordre de Melchisédech

Bien que ces pratiques Lévitiques ne soient plus requises, leur vérité l’est pourtant. Nous avons besoin que notre compréhension soit modifiée, parce que Dieu a dit de Son Fils :

« Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech. » (Hébreux 5 :6b)

C’est un nouvel ordre, pas l’ordre d’Aaron, qui a disparu. Le vieil ordre sacerdotal est éparpillé et perdu. Le nouvel ordre est, en fait, plus ancien que l’ordre d’Aaron. Quand Abraham est revenu après avoir vaincu les rois de Sodome, il a rencontré une figure mystique et lui a donné un dixième de tout qu’il possédait. Il s’est incliné devant lui, car le plus petit est béni par le plus grand. Ce grand prêtre lui a servi du pain et du vin et son nom était Melchisédech. C’était une vision fugitive de l’Ancien testament, un éclat pré-incarné de ce que doit être la gloire permanente et éternelle du Fils de l’Homme, qui demeure prêtre pour toujours. Abraham, tout grand homme de foi qu’il était, a reconnu l’autorité et la supériorité de cette prêtrise. Elle précède même l’établissement de l’ordre d’Aaron, qui était seulement lui-même une ombre des choses plus grandes à venir.

Non seulement il y a une connexion entre apostolique et prêtrise, mais il y a aussi une connexion entre fils et prêtres. Ce mystérieux grand prêtre, ce Melchisédech, n’est pas issu de la généalogie d’Aaron, mais est un roi de droiture et de paix, dont il est dit dans les Saintes Écritures :

« Qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, –mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, – ce Melchisédech demeure sacrificateur à perpétuité. » (Hébreux 7 :3)

C’est une remarquable antithèse à la prêtrise première, qui lui était exactement opposée. L’ordre de Melchisédech est au-delà de la culture, du temps et de la nationalité. Il est sans commencement de jours ou fin de vie. En fait, tout ce qui est terrestre le contredit. La prêtrise d’Aaron a exigé la généalogie, l’ascendance et l’identification terrestre. La nouvelle ressemble au Fils de Dieu, un prêtre sans interruption et qui demeure éternellement. Quelle est la source de Son mouvement, de Son énergie et de Sa vie ? Dieu nous a appelés à être un tel peuple pour réaliser Son but éternel et être représentants d’un Royaume qui doit venir. Quelle sorte de prêtrise est-ce ? C’est autre chose qu’une posture de clergé professionnelle, ministérielle, qui est si effrénée partout. C’est la vraie prêtrise, une prêtrise sans interruption, qui a peu à voir avec le « service du dimanche ». Sommes-nous jaloux d’être cette sorte de prêtre ? Cette prêtrise nous incombe et est exigée de nous, non sur la base de la qualification naturelle, mais en exacte proportion alors que nous sommes au-dessus du temps, de la culture et de la nationalité, sans mère ou père ou ascendance, sans commencement de jours ou fin de vie. Cela doit être exécuté dans un écoulement continuel, du Trône de Dieu Lui-même, sur la base de la puissance d’une vie sans fin et indestructible.

L’identité la plus grande et la plus vraie est celle qui est en Dieu, celle qui demeure comme prêtre pour toujours. Cela demande un arrachement, parce comment votre père ou votre mère apprécieraient-il cela ? Renoncer à votre identification physique sera une claque sur votre visage. Vous devez être coupés de ces choses qui veulent vous obséder et établir votre identification en termes terrestres. Cela fait partie du prix, et on ne peut l’expliquer aux hommes. « Qui est ma mère ? » était la réponse de Jésus, à ceux qui lui disaient que Sa mère et ses frères l’attendaient au dehors. Par une évaluation terrestre qui sonne cruellement, mais qui est la cause du fait que nous ne soyons pas entrés dans Sa prêtrise, et que nous n’ayons pas compris le profond détachement qu’un prêtre doit avoir de toute connexion charnelle ici sur terre. De façon ironique, nous ne serons jamais un meilleur fils ou une meilleure fille que quand nous en viendrons à ce détachement sacerdotal. Il y a toute une implication de vie charnelle, maladive, entre parents et enfants, où ils vivent aux dépens les uns des autres dans des rapports de suceurs de sang de type « vampire ». Il n’y a pas de seconde naissance –sans mort à la première.

Nous devons arriver à une identité au-delà de ce que nous sommes de façon terrestre et naturelle, et pourtant ne pas diffuser ou éliminer le mâle ou la femelle, le Juif ou le Gentil. Le subterfuge de Satan est d’obscurcir et d’éliminer les distinctions que Dieu considère comme très importantes. Ce n’est pas qu’elles doivent être abolies, mais que quelque chose de transcendant vient de l’union de ces entités distinctes qui crée un « nouvel homme. » C’est un paradoxe étrange d’être un Juif ou un Gentil, un mâle ou une femelle, et de ne pas annuler cette chose évidente, mais de l’estimer comme venant de Dieu qui l’a donnée pour Ses propres buts. Et encore, nous ne devons pas le célébrer d’une façon qui forme une sorte de membrane entre nous et ceux qui ne sont pas comme nous. Partout où le temps, la culture, les facteurs ethniques, terrestres et temporels sont invoqués, consciemment ou inconsciemment, nous nous écartons de ce sacerdoce et nous perdons le terrain sacerdotal du Nouveau Testament, et sa puissance. Un prêtre est détaché des limites raciales, ethniques et culturelles aussi bien que du temps et de l’endroit. Il est celui qui occupe les cieux avec Dieu. Il n’est pas du tout affecté ou limité par la culture contemporaine actuelle. Se tenant au-dessus d’elle, il est transcendant, et donc il est compétent partout, et à tout moment.

Abraham a obéi à l’appel de Dieu de sortir de Ur en Chaldée après la mort de son père. Il a été retardé dans la ville de Haran, où il n’a pas écouté l’appel de Dieu, qui était de sortir de sa nation, de sa famille et de la maison de son père, et de suivre le Seigneur dans le pays qui lui serait montré. Il a amassé beaucoup de biens et beaucoup d’âmes à Haran, mais ce n’était pas l’endroit de la bénédiction. Combien de saints Charismatiques, Pentecôtistes et Évangéliques sont-ils dans cet endroit aujourd’hui ? Combien ont mal interprété les biens et les âmes comme s’il s’agissait de la bénédiction ? Ce n’en est pas. Vous êtes dans un endroit d’attente, toujours attachés à la chair, toujours attachés à la famille et à la maison de votre père et vous n’êtes pas sortis pour commencer la marche sacerdotale où commence la vraie bénédiction.

Si vous voulez opérer à partir de cet endroit inférieur, c’est possible, mais ce ne sera pas sacerdotal. Vous entrez dans cet appel parce que vous êtes entrés dans le Fils, qui est le Roi de Justice aussi bien que le Roi de Paix, le Grand prêtre de Dieu. Si vous êtes dans le Fils de l’Homme en vertu de l’union avec Lui dans Sa mort par le pouvoir de la Croix, par le baptême, vous êtes aussi avec Lui en demeurant prêtre pour toujours. Vous êtes dans la prêtrise selon Melchisédech dans la mesure exacte où vous demeurez dans le Fils, ni plus et ni moins. Cela n’a rien à voir avec les facteurs naturels, mais seulement avec la Vie de Résurrection, une vie offerte en sacrifice et élevée dans la gloire. Nous sommes conduits à un endroit transcendant d’identification avec Lui par lequel chaque distinction naturelle, raciale, religieuse, ethnique et autre est transcendée.

« Cela devient plus évident encore, quand il paraît un autre sacrificateur à la ressemblance de Melchisédech, institué, non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable. » (Hébreux 7 :15–16)

C’est la même vie, qui jaillit de la mort en une gloire resplendissante, et qui est maintenant disponible pour tous ceux qui lui donneront l’opportunité de s’exprimer à partir de leur propre mort. C’est la fondation de la prêtrise royale et de la communauté de Dieu. Cette sorte de prêtrise, qui est continue et qui ressemble au Fils de Dieu, a aussi besoin comme fondation et comme source la vie sans fin et indestructible du Fils. Nous n’allons pas jouer à être des prêtres en construisant en vertu de nos propres expertises, capacités, connaissances, ingéniosités religieuses et même de nos propres intentions bien pensantes. La prêtrise selon Melchisédech n’est pas fondée sur l’héritage qui est venu par le sang et l’ascendance. Elle est fondée sur l’héritage qui est venu par le sang de l’Agneau, pour ceux qui sont entrés dans la Vie de ce Sang et ont mis de côté la leur, pour qu’ils puissent exprimer, par ce Sang et par cette Vie, ces choses sacerdotales.

Je suis convaincu que la question de la résurrection sera le problème le plus féroce de la fin des temps pour le peuple de Dieu. Il sera le fil à plomb de Dieu qui va séparer la fausse église de la vraie. La fausse église applaudira, sans doute, la doctrine de la résurrection ; mais elle refusera de vivre en elle et par elle. Ce sera la grande division, entre ceux qui ont la simple profession de foi verbale, et ceux qui sont dans la Vie. « BEAUCOUP » Lui présenteront en ce Jour, des arguments basés sur la fréquentation, les bonnes intentions, les œuvres charismatiques bonnes et même miraculeuses, la connaissance, l’héritage et les sentiments. « Large » est la route qui mène à la destruction, pleine de mots Chrétiens et de traditions et de sentiments –mais sans Obéissance et sans Mort (qui est la Foi biblique).

Assis dans les Cieux

« Maintenant S’il était sur la terre, il ne serait pas même sacrificateur. » (Hébreux 8 :4a)

Autrement dit, Jésus et Sa Vie dans Son Corps (Son Église) est dans une autre dimension, à savoir, l’endroit céleste. Tout autre chose de moins que cela disqualifierait Son sacerdoce, et notre droit d’être appelé Eglise. Il a Sa véritable existence et Sa réalité dans le sanctuaire céleste. S’Il demeure sur la terre, c’est à dire, si Ses valeurs et Sa façon de penser étaient terrestres, alors Il ne serait pas Prêtre du tout. L’intention de Dieu est que ceux-là qui sont faits à Son image vivent dans la réalité des cieux, même pendant qu’ils sont sur la terre. Ils y sont présents mais ils n’y demeurent pas. Quand la fumée s’éclaircira à la véritable fin des temps, dans l’apogée eschatologique, il y aura que deux espèces d’humanité qui seront trouvées sur la terre et cela n’a rien à voir avec la race, mais avec la terre ou le ciel. Ceux qui demeurent sur la terre, dont les cœurs les font échouer de peur des choses qui arriveront sur la terre, et parce que c’est tout ce qu’ils savent et tout ce qu’ils recherchent et attendent. Toutes leurs valeurs y sont établies. Ils sont terrestres et l’autre groupe est formé de ceux qui demeurent dans le ciel. Ils sont sur terre, mais ce n’est pas leur endroit d’habitation. La terre n’est pas où ils résident, mais l’endroit où ils servent. La plupart d’entre nous, qui nous disons Chrétiens, sommes terriens, amarrés à la terre, si liés par sa force gravitationnelle, si connectés par les liens naturels, charnels d’affection et d’investissement dans la terre. Il faudra une mort d’âme, en nous reniant nous-mêmes, en prenant notre croix de mort pour les autres, pour nous élever jusqu’à l’endroit céleste.

Le Saint des Saints

Seul le Grand Prêtre pouvait venir devant Dieu dans l’endroit le plus saint d’entre tous. Dieu a éternellement déterminé ainsi. Donc, dans Exode 25, il est intéressant de lire la description du lieu le plus saint. Dieu nous le donne avec des détails extraordinaires. Nous savons que le Tabernacle de Dieu, comme le Temple qui est venu plus tard, a le même modèle architectural essentiel et le même parvis extérieur. Il était ouvert dès la lumière du jour sans aucune protection. L’entrée se faisait par l’autel de bronze pour le sacrifice et la cuvette pour se laver, symbole de notre entrée dans la maison de Dieu par l’expiation du Sang de l’Agneau. En continuant plus loin, il y a un deuxième parvis, recouvert de peaux et il y a un voile par lequel les prêtres entraient tous les jours. Là il n’y a pas eu autant de trafic que dans le premier parvis, dans le lourd travail de sacrifice et dans le feu et l’abattage. Seuls ces prêtres dont la fonction était d’allumer, matin et soir, l’encens sur l’autel saint et de placer les pains de proposition sur la table du Seigneur, entraient dans ce deuxième parvis. C’était une pièce fermée à la lumière naturelle du jour. Elle recevait son illumination d’un chandelier à sept branches, une lumière beaucoup plus brillante, non sujette aux variations des éléments naturels du temps et de la lumière du soleil. C’était clair d’une certaine façon, mais il y a encore un endroit final et ultime, et peu y entraient. C’est l’endroit le plus saint d’entre tous ! Le Saint des Saints, et il n’y a aucun mouvement quotidien à cet endroit. Il n’y avait que celui qui pouvait entrer là au cours d’une année entière et seulement sur la base du sang d’un pur sacrifice. Il n’y avait aucun chandelier à sept branches, et pourtant il y avait là la lumière la plus brillante et la plus glorieuse qui soit. C’est la gloire Shekinah de Dieu Lui-même. C’est Sa Présence, au-dessus du siège de la miséricorde et sur l’arche de la Loi.

« Tu feras un propitiatoire d’or pur ; sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d’une coudée et demie. Tu feras deux chérubins d’or, tu les feras d’or battu, aux deux extrémités du propitiatoire ; fais un chérubin à l’une des extrémités et un chérubin à l’autre extrémité ; vous ferez les chérubins sortant du propitiatoire à ses deux extrémités. Les chérubins étendront les ailes par–dessus, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et se faisant face l’un à l’autre ; les chérubins auront la face tournée vers le propitiatoire. Tu mettras le propitiatoire sur l’arche, et tu mettras dans l’arche le témoignage, que je te donnerai. C’est là que je me rencontrerai avec toi ; du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël. » (Exode 25 :17-22)

Peut-être certains d’entre nous émettent-ils déjà un gémissement en devenant de plus en plus conscients de la portée de ce qu’est l’appel apostolique et sacerdotal. Comment allons-nous avancer d’un âge institutionnel vers la restauration de la gloire apostolique dans l’église ? Comment communiquer la dimension de ces choses qui ont été perdues dans notre expérience d’église moderne ? Comment devons-nous rétablir le sens d’urgence et d’imminence de ces choses qui vont bientôt passer ? Comment avertirons-nous notre génération que Dieu a convenu d’un Jour où Il jugera toutes les nations par Celui qu’Il a élevé des morts ? Comment devons-nous être ajustés pour une telle confrontation apostolique ? Où sont notre courage, notre audace, notre compréhension et notre sensibilité ? Nous devons conduire notre voie par tous ces ajustements pénibles, et nous détourner du pouvoir de la tradition, des voies établies et institutionnelles des hommes, pour venir à la formation de cette église vivante dans son témoignage prophétique. Où devons-nous trouver nos réponses ?

« C’est là que je te rencontrerai … je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël. » (v 22)

C’est l’alternative pour devenir de simples techniciens et pour adopter encore une autre phraséologie cassante. Dieu nous offre d’entrer dans l’endroit le plus saint d’entre tous, l’endroit du haut sacerdoce qui est ouvert à ceux qui viennent dans la forme du Fils de Dieu, sans père ou mère, ou sans commencement ou fin de jours. C’est la source de la vie indestructible, une source d’inspiration et d’onction, une source de mots qu’Il nous donnera, si effectivement nous désirons remplir le mandat de Dieu. Il y a un endroit saint au-delà et il y a une entrée dans ce voile par l’Esprit Saint, symbolisé par l’encens brûlant sur l’autel qui s’élève constamment jusqu’à Dieu. Il y a une vision dans une lumière plus brillante de choses nouvelles au-delà de la question initiale du salut, vers les choses plus sérieuses et déterminées de Dieu. C’est un endroit plus profond qui admet seulement « les grands prêtres. » Nous n’entreverrons jamais les choses apostoliques et véritables sauf dans cette lumière. Nous ne remplirons jamais le mandat apostolique sauf par les mots qui sont donnés avec inspiration, et qui sont communiqués avec l’intensité de la Vie transmise dans l’endroit le plus saint d’entre tous. Dieu nous offre d’entrer dans cet endroit, et de demeurer dans cette Présence, car là Il nous rencontrera et nous donnera tous ses commandements pour les fils d’Israël.

Au-delà du Voile

« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » (Hébreux 4 :16)

Si nous ne le recevons pas et si nous ne le trouvons pas, alors comment le donnerons-nous ? Nous sommes donc tenus d’entrer. C’est le repos du Sabbat que Dieu a préparé pour Son peuple. Les actes religieux et les œuvres qui proviennent d’une mauvaise conscience, c’est-à-dire les choses que vous vous sentez obligés de faire, sont appelées œuvres mortes par Dieu. L’œuvre de Dieu vient toujours et éminemment du repos de Dieu et est toujours exécuté le jour du Sabbat, ce Samedi « ombre de la Réalité dans la Personne et dans la Vie de Christ », et pas un autre. C’est seulement cet acte qui apporte la vue à l’aveugle. Quand les Juifs du temps de Jésus ont été contrariés et stupéfiés face à cet Homme déroutant, qui exécutait ces choses glorieuses le mauvais jour, Il pouvait leur dire dans la simplicité totale que c’était le Père qui faisait les œuvres. Vous saurez quand vous êtes dans le repos de Dieu, quand vous êtes en paix. Cela ne signifie pas qu’il y aura absence d’épreuve ou de tension. Même au milieu de cette agitation, vous êtes dans l’endroit de la Shekinah, l’endroit le plus saint d’entre tous, vous ne dépendez pas des circonstances qui tourbillonnent autour de vous.

Dieu n’est pas cruel de mettre devant nous un tel appel, et de penser que nous serons en mesure de le satisfaire sur la pénurie de notre propre capacité humaine. Il y a encore un endroit plus profond, un endroit ultime, et un endroit absolu. C’est l’endroit le plus saint d’entre tous et il est pour tous ceux qui sont appelés à ce qui est apostolique et hautement sacerdotal. Considérez Jésus comme vous ne l’avez jamais considéré auparavant -le Fils dans l’image duquel nous sommes aussi appelés. Celui qui est uni avec Lui est un seul esprit avec Lui. Nous pouvons mieux comprendre Paul quand il dit qu’en Lui il vit et bouge et a son être. Où sommes-nous et où désirons-nous être, et où avons-nous la foi d’être ? Désirons-nous une participation apostolique dans les buts éternels de Dieu ? Serons-nous en mesure de nous tenir contre la persécution apostolique et la souffrance ? Nous devons venir dans un endroit sacerdotal sans lequel il ne peut y avoir d’accomplissement apostolique. Jésus a déchiré le voile et nous offre de venir, non sur la base de notre qualification, mais sur la base de Son sang.

Dieu nous appelle à un engagement inhabituel et à une participation. Il y a un lieu de haut-sacerdoce disponible pour nous comme une vie qui coule, et qui est indestructible. La foi vient en entendant, et en entendant la Parole de Dieu. Ce n’est pas un jeu fantasque sur les mots, mais quelque chose qui doit être sérieusement considéré. La foi est maintenant, et l’heure a sonné et le temps est court, et Dieu exige un accomplissement qui peut seulement venir de cet endroit au-delà du voile. Ayez la foi pour entrer avec un cœur véritable et sincère dans l’assurance complète de la foi.

Sauvés à la Perfection !

Le sacerdoce auquel on nous appelle est éternel, et c’est là que nous devons habiter. Il est écrit dans notre vie. Nous en faisons partie intégrante, étant capturés dans le Grand Prêtre. Nous sommes un avec Lui, ce qui signifie que tout doit être sanctifié. Cette prêtrise est destinée à entrer et à pénétrer dans chaque aspect de notre vie, même le plus banal. En fait, c’est dans les endroits les plus les ordinaires qu’elle est la plus précieuse. Les choses les plus ordinaires deviennent saintes. Toute la vie devient un sacrement. Le fait de manger n’est plus une activité gastronomique. Nous n’osons plus nous approcher de nos chambres à coucher, de nos cuisines, nos achats, nos amitiés, notre « famille », nos soirées, nos weekends, nos grandes vacances, nos occupations, nos enseignements éducatifs, ou même de nos conversations accidentelles sans sentir cet effet de sanctification de ce Grand prêtre que nous avons revêtu. Il n’y a plus de conversation banale, de discussion négligente ou de décision pour soi ou de rêves. Tout est significatif, consacré, et a un poids éternel de gloire. C’est une transfiguration de la vie elle-même en y apportant une dimension céleste. C’est le véritable sacerdoce, et on peut en mesurer l’absence par l’absence de réelle connaissance de la vie de résurrection. Les deux sont intimement liés. Le nôtre n’est pas un héritage physique comme celui d’Aaron, mais un héritage spirituel en vertu de l’entrée dans la vie de résurrection. Nous ne pouvons pas changer ou adapter les vêtements sacerdotaux pour qu’ils nous aillent. Il y avait un vêtement de haut-sacerdoce pour Aaron et il n’était pas coupé pour s’adapter à la taille d’un homme. Les successeurs d’Aaron ont dû grandir pour le remplir et c’est aussi pour nous aujourd’hui. Il y a un vêtement saint, un Prêtre saint de l’ordre de Melchisédech à revêtir et dans lequel nous devons grandir. Faire moins, et exercer le ministère à partir de n’importe quoi d’autre que la Vie de Résurrection ensemble, c’est être au-dessous de la Vie sacerdotale. Celui qui a le discernement devrait reconnaître la différence. Les fardeaux qui sont inhérents à cette prêtrise sont bien plus grands, et les demandes sont plus drastiques que celles de la prêtrise Lévitique, mais la puissance pour les rencontrer et les remplir est également plus grande. Mettre ce vêtement, c’est mettre la Vie de Résurrection. Nous avons tous entendu de bons messages, de bons enseignements -mais il y a une différence entre ce qui est bon et ce qui est rempli de la puissance de la « Vie ressuscitée. » Sans mort il n’y a aucune Vie de Résurrection. Sans entrer dans cette mort en l’attente, dans l’humiliation, l’obéissance et la consécration, et dans le sacrifice de la vie indépendante et orgueilleuse, il n’y a pas d’entrée dans la vie et l’appel du Grand Prêtre. C’est juste une banale religion et du sentiment sans puissance, indigne du Nom ou du prix de Son sang.

Il vaut mieux que nous restions insensibles et indifférents, et que nous soyons disposés à attendre ces fardeaux qui viennent comme les expressions de la Vie indestructible du ciel, plutôt que de nous fabriquer des fardeaux qui nous viennent de notre culpabilité, de l’émotion, de la pression d’ambition d’hommes, ou de nos propres idées sur ce qui est approprié et spirituel. De tels fardeaux auto-fabriqués et convenables éclateront comme des bulles quand le premier défi et la première pression et le besoin de sacrifier l’intérêt personnel nous atteindront. Le fardeau doit venir de l’indestructible, de la Vie de résurrection du Roi de Justice dans le ciel. Cela doit venir de la Vie du Véritable Prêtre, qui n’a ni désir, ni aucun héritage terrestre, qui n’est pas attaché à la terre et sur qui rien de ce monde n’a de prise et de contrôle. Quand nous revêtons ce vêtement sacerdotal, attaché avec les cordes qui s’élèvent au ciel, nous sommes reliés aux réalités célestes et pas aux contraintes de cette terre. Jésus est prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech. Il est capable, donc, de sauver à la perfection, complètement, tout à fait et éternellement, tous ceux qui s’approchent de Dieu par Lui. Nous avons plus besoin de cette sorte de salut et beaucoup moins de ce salut misérable qui produit d’incalculables dizaines de milliers que l’on appelle « sauvés », mais qui ne sont pas vraiment « convertis ». Ceux-là, dont les vies sont une longue lutte pour la rendre pour Dieu, et qui essaient de tenir jusqu’à la fin pour trouver au moins une petite niche dans le ciel, n’ont pas sûrement été conduits au salut par un prêtre de l’ordre de Melchisédech. Celui qui est conduit à Dieu par lui est sauvé à la perfection !

Nous avons plus besoin de ce salut « à la perfection » et moins de techniques évangéliques pré-emballées. Nous avons plus besoin de prêtres faisant tomber la conviction et la clémence de Dieu de Son trône dans le ciel, et moins d’hommes bien intentionnés apportant leurs propres artifices et leurs systèmes sortis de leurs propres têtes. Nous avons plus besoin d’élévation de Dieu et moins de céder aux caprices des intérêts personnels de l’homme. Nous devons arrêter de faire appel aux hommes sur la base de tous les avantages qui vont s’accumuler pour eux s’ils veulent seulement « accepter » Jésus. Un vrai prêtre aurait un haut-le-cœur et s’étoufferait sur une telle terminologie et sur de tels appels égocentriques, basés sur les avantages personnels pour « accepter » Jésus. Il serait repoussé par cela, parce que c’est une contradiction dans les termes. Ce n’est pas le salut au sens Biblique du mot. Le vrai salut signifie être sauvé en dehors de soi, et c’est être sauvé à la perfection. Comment pouvons-nous amener les hommes au vrai salut quand nous n’avons pas été nous-mêmes vraiment convertis, quand nous sommes nous-mêmes toujours attachés à l’intérêt personnel, quand nous n’avons pas expérimenté l’échange de notre vieille vie charnelle pour la vie de résurrection ? La Semence Sainte de Dieu est destinée à se reproduire d’elle-même, mais tous autour de nous nous voyons la reproduction de l’image de nous-mêmes, de notre inachèvement et de notre vie charnelle. Nous avons plus besoin de prêtres pour être les instruments de salut des hommes sur la base de la puissance de la vie indestructible, et pas sur la base de leurs propres idées, de leurs sentiments ou de leurs appels selon la chair. Ces choses sont si désespérément nécessaires sur terre, parce que les hommes périssent, même alors qu’ils vivent. Nos problèmes mentaux et nos désordres émotionnels, nos ulcères et nos cancers sont la plupart du temps dérivés de vies qui sont vécues dans l’imaginaire. Le corps n’a pas été conçu par Dieu pour vivre dans le mensonge. Le ciel est la réalité et la justice, et nous sommes appelés à être les prêtres de cette réalité.

Un dur labeur eschatologique

L’accomplissement final du « mystère d’Israël et de l’église » à la fin des temps sera que les fils naturels d’Abraham (les Juifs) rencontreront de nouveau, comme Abraham l’ancien, « celui » qui est plus grand, celui qui peut conférer la bénédiction, celui qui rayonne du ciel. Cette rencontre sera une révélation d’un Dieu à qui appartiennent les prêtres. Le Témoignage final de l’église à Israël, à savoir, qu’ils en viennent à la jalousie, ne sera jamais accompli sur la base de nos « services » charismatiques, mais sur la base de notre prêtrise. Quelle chose stupéfiante pour un Juif de trouver dans un Gentil le véritable sacerdoce qui excède même celui d’Aaron, qui vient exactement du trône de Dieu, et qui vient des cieux des cieux. Si cela ne les conduit pas à la jalousie alors que cela brillera sur nos visages, alors que « tous voient comment nous nous aimons les uns les autres » par notre Expérience venant de Lui –alors il n’y aura aucun autre salut pour eux. Ils doivent rencontrer ce qu’Abraham a rencontré il y a des milliers d’années, et quand il l’a vu, il a immédiatement reconnu Melchisédech comme étant le prêtre du Dieu Très Haut. Il a payé des dîmes à Melchisédech, bien qu’il dût devenir le père des nations, comme Israël doit le devenir. Abraham devait encore trouver dans cette rencontre un prêtre dont la qualification et la connaissance du ciel dépassait la sienne. C’est ainsi que cela finira pour la véritable église, appelée à vivre et à se mouvoir dans cette Réalité.

(Aaron Katz)

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