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La Fausse Paix

G. Fisk, LL. B.

2017

Jérémie 6:14

Ils ont guéri aussi la peine de la fille de mon peuple, en disant : Paix, paix ; quand il n’y a pas de paix.

I. QU’EST-CE QU’UNE FAUSSE PAIX ? Nous ne pensons pas, en décrivant une fausse paix, dépeindre l’état de ceux qui sont totalement indifférents aux revendications et obligations religieuses. Nous parlons d’une autre classe de gens, dont l’esprit a été certaines fois dans l’inquiétude à l’égard de leur état devant Dieu. Ils ont estimé que le péché est en eux, que le péché accomplit des résultats terribles et, à moins d’appliquer certains remèdes, qu’il doit œuvrer à leur perte finale. Cette anxiété s’est accrue en eux ; et enfin, ils ont trouvé que l’anxiété s’est calmée ; sa pression a été réduite et au final, elle est partie. Mais elle a été apaisée par des moyens inadéquats. Être dans une fausse paix, c’est être dans un état de sang-froid - pas d’indifférence, mais de sang-froid et de satisfaction, en croyant que tout va bien quand tout ne va pas bien. Et cela peut résulter de diverses causes.

1. Certains peuvent être trompés par cette fausse paix du fait de n’avoir jamais eu de notions claires et scripturaires de la vraie nature du péché. Leur attention a été davantage placée sur les péchés et sur le fait de pécher que sur le péché ; et dans leurs cas, il s’est peut-être avéré que le chemin du péché n’ait pas été un chemin très horrible - que son caractère habituel ne se soit jamais manifesté de manière vraiment terrifiante. Maintenant, tant que notre attention est fixée sur les péchés et tant que nos esprits établissent des distinctions entre la plus grande et la plus petite valeur de transgressions réelles contre Dieu, nous négligeons la vision scripturaire du péché en tant que principe fatal dans la nature humaine qui souille toute faculté et rend absolument impossible que l’homme vive à la lumière du consentement de Dieu.

2. Mais supposons que les hommes entretiennent les vues scripturaires du péché, en tant que principe mortel en eux, ils peuvent encore avoir des vues très insuffisantes de la justice de Dieu et de Sa sainteté parfaite. Beaucoup d’esprits sont très aptes à mesurer Dieu, en quelque sorte, par un critère humain, comme si le mode de procédure de Dieu serait régi par les mêmes principes sur lesquels est généralement régi celui de l’homme ; et la conséquence en est qu’ils investissent Dieu d’une espèce de miséricorde qui n’est pas biblique. Si le pécheur considère Dieu simplement comme un dieu de bonté, de tendresse et de miséricorde, et qu’il pense que Sa justice n’est pas un exercice complet et sans restriction, alors nous demandons, que devons-nous faire de ces passages de la Parole de Dieu qui présentent tous Ses attributs dans leurs justes proportions et dans leurs rapports les uns avec les autres ?

3. La fausse paix peut également être produite en ayant des notions obscures de l’Évangile. Si nous pouvions résumer tout le message de l’Évangile, la totalité de la riche provision de la miséricorde et de la justice de Dieu en Jésus-Christ en une seule phrase, nous devrions dire, c’est un remède au péché ; mais des multitudes entendent l’Évangile, dans toute sa simplicité et sa plénitude et arrivent pourtant à la conclusion que le système Evangélique ne nous appelle qu’à une plus grande familiarité de relation avec Dieu, qu’il nous présente une marche plus spirituelle que ceux qui vivaient sous la Loi, qu’elle nous appelle à une portée morale plus élevée, et que si nous y adhérons dans l’ensemble, comme s’il s’agissait d’une seconde forme de loi qui nous était exposée, tout ira bien ; mais ils ignorent le fait qu’il existe dans l’Evangile un remède au péché - qu’il contient une approvisionnement pour la guérison, la vraie guérison de la blessure qu’a fait le péché.

4. Cette fausse paix peut survenir, d’ailleurs, à partir d’une réception imparfaite du véritable Evangile. Les doctrines peuvent être reçues ; les faits sur lesquels les doctrines sont fondées peuvent être reçus ; l’économie de l’Évangile peut être reçue, aussi loin que l’intelligence le peut ; mais il se peut qu’il n’y ait aucune capitulation de l’âme à l’Évangile - il se peut qu’il n’y ait aucun abandon de toute la perversité de l’homme naturel aux opérations douces et précieuses de l’Esprit de Dieu qui cherche à établir Sa vérité dans le cœur comme un remède au péché. Nous croyons maintenant que là où se trouvent ces quatre causes, ou l’une de ces quatre causes, le résultat est une fausse paix. Et qu’il soit gardé à l’esprit que la plupart des hommes sont très disposés à se contenter d’une fausse paix. Lorsque le témoignage de la conscience a été vibrant, lorsque le fardeau du péché a été considéré comme un lourd fardeau, il existe une disposition à adopter la première offre de paix qui se présente. Et pourquoi ? Parce que le fardeau est lourd à supporter, et l’angoisse qu’il occasionne est une anxiété pénible qui doit être supprimée de quelque manière que ce soit. Par conséquent, on a recours à tout ce qui peut faire taire la conscience ou qui peut atténuer la gravité de son témoignage, et on considérera cela comme la paix.

II. LA VRAIE NATURE DE CETTE PAIX UNIQUE SUR LAQUELLE ON PEUT COMPTER. Qu’on se souvienne que la vraie paix a un rapport à la fois avec Dieu et avec l’homme ; c’est-à-dire qu’il doit y avoir une paix des deux côtés - du côté d’un Dieu juste et saint, et du côté de l’homme avec son « esprit charnel » qui est « inimitié contre Dieu ». Il doit y avoir la paix des deux côtés ; et la paix du côté de Dieu doit être une paix qui Lui sera honorable au plus haut degré ; et pour Lui être strictement honorable, il doit s’agir d’une paix qui aura magnifié Sa justice, comme Il l’a donnée, une occasion juste pour l’exercice de la miséricorde. Il est donc évident que l’homme lui-même ne peut produire et établir une telle paix, soit par le sacrifice, soit par le service. Alors, la vérité est que Dieu a pris toute l’affaire en Mains propres. Il considère l’homme comme complètement impuissant à cet égard ; et Dieu s’engage à instaurer une paix qui sera au plus haut degré, honorable pour Lui et au plus grand degré, appropriée pour l’homme. Alors, en Se révélant gracieusement en Christ, Dieu est sorti de la lumière et de la gloire dans laquelle Il habitait de toute éternité, et dans la personne de Jésus, le Verbe éternel qui s’est manifesté Lui-même dans une attitude de paix, est en paix. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même, ne leur imputant pas leurs offenses ». Dans cette déclaration, nous « voyons l’attitude de la paix. Dieu ne vient pas, dans l’Evangile de Son cher Fils, comme un vengeur, mais Il se présente honorablement comme un créateur de paix. Il arrive, en manifestant la force et la sévérité de Sa justice et en magnifiant la perfection de Sa justice. Il n’a épargné Son propre Fils ».

III. LE DANGER D’UNE FAUSSE PAIX. Il existe un danger actuel, et un danger à venir. Tant qu’une fausse paix apaise nos angoisses à l’égard de notre état de pécheurs devant Dieu, cela aide à atténuer la conscience ; elle ne satisfait pas toujours mais réprime l’activité de la conscience et ouvre la voie aux œuvres subtiles de Satan. De plus, cette fausse paix décourage l’esprit du naïf de la détermination de l’état du Chrétien et du caractère Chrétien - rend désagréable toute la particularité qui marque le Chrétien et la marche Chrétienne - la rend trop précise, trop minutieuse, comme allant trop loin dans ses contraintes sur la liberté naturelle de l’homme ; et il en résulte qu’on dit, comme on dit parfois de certains ministres de l’Évangile, que leurs points de vue sont trop élevés, qu’ils attendent beaucoup plus des gens qu’ils ne le devraient, qu’ils élèvent toujours une norme qui fait que la religion semble aussi impraticable. Enfin, il y a le danger de nous indisposer à étudier les profondeurs de la Parole écrite et à écouter ces profondeurs lorsqu’elles sont présentées dans le ministère public de la Parole. Tant que l’imagination est agréablement exercée et que le ministère du prédicateur est comme le chant de celui qui a une voix agréable et qui joue bien sur un instrument, il y a de la satisfaction ; mais quand les profondeurs de la vérité de Dieu sont mises en évidence, elles sont considérées comme une matière sèche - une question dans laquelle ils n’ont que peu d’intérêt ; et tant qu’existe cet état d’esprit, la fausse paix fait que le pécheur se trouve dans une demeure périlleuse, comme un homme dont le toit est en feu et sur lequel pèse le poids du sommeil. Mais le danger est aussi dans le futur. Si nous mourons dans une fausse paix, alors au jour de la résurrection et dans le jugement, nous rencontrons Dieu comme un vengeur et un vengeur pour toute l’éternité.

(G. Fisk, LL.B.)

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