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Apprendre sous l'Onction

T. A. Sparks - L'Ecole de Christ

27/6/2008

« Chargez-vous de Mon joug et apprenez de Moi ; car Je suis doux et humble de cœur. Et vous trouverez le repos de vos âmes ! » (Matthieu 11 : 29.)

« Et Il ajouta: En vérité, en vérité, Je vous le déclare, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l’homme. » (Jean 1 : 51.)

« Dès qu’Il eut été baptisé, Jésus sortit de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent, et Jean vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur Jésus. » (Matthieu 3 : 16.)

« En elle (en Lui) était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. » (Jean 1 : 4.)

«  La loi de l’Esprit de Vie m’a affranchi, en Jésus-Christ, de la loi du péché et de la mort. » (Romains 8 : 2.)

« Quand ils se convertiront au Seigneur, ce voile sera ôté. Or le Seigneur est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à Son image, de gloire en gloire, par l’action de l’Esprit qui est Seigneur. » (2 Corinthiens 3 : 16-18.)

Dans l’Ecole de Christ, c’est-à-dire dans l’Ecole où Christ est la grande Leçon, et où l’Esprit est le grand Maître ; dans l’école où l’enseignement n’est pas objectif, mais subjectif, où l’enseignement ne vise pas à une connaissance des choses, mais où il consiste à former, intérieurement, Christ en nous, à faire de Christ une partie de nous-mêmes, par l’expérience. C’est là, la nature de cette Ecole.

La Signification de l’Onction.

« Vous verrez le ciel ouvert. »—«  Il vit les cieux s’ouvrir et l’Esprit de Dieu descendre sur Lui. »—Quelle est la signification de l’onction du Saint. Esprit ? Elle n’est rien de moins, et pas autre chose, que l’acte du Saint-Esprit prenant Sa place de Seigneur absolu. L’onction entraîne avec elle la souveraineté absolue du Saint-Esprit, de l’Esprit comme Seigneur. Cela signifie que toutes les autres seigneuries ont été déposées et mises de côté ; la seigneurie de nos propres vies ; la seigneurie de nos propres pensées. de nos propres volontés, de nos propres désirs ; la seigneurie des autres. La seigneurie de tout intérêt et de toute influence est considérée comme ayant fait place à la souveraineté sans partage et sans réserve du Saint-Esprit ; et nous ne pourrons jamais connaître l’onction, ni en jouir, à moins que cette attitude n’ait été prise C’est pourquoi le Seigneur Jésus descendit dans les eaux du Jourdain, dans une mort et un ensevelissement symboliques, pour prendre la place de l’homme tout en étant son représentant, et n’être plus, à aucun égard et à partir de ce moment, sous le gouvernement de sa propre vie dans l’accomplissement de la volonté de Dieu, mais pour être entièrement et absolument soumis à l’Esprit de Dieu, dans tous les détails. La tombe du Jourdain implique la mise de côté de toute seigneurie indépendante, de toute autre seigneurie, de toute autre influence ; et si nous lisons la vie spirituelle de Christ dans les Évangiles, nous verrons que cette position fut bien celle qu’Il accepta à chaque instant. Nombreuses et puissantes furent les influences qu’Il dut subir, et qui cherchèrent à L’affecter Lui-même et à gouverner Ses mouvements. C’est parfois toute la force de l’assaut direct et ouvert de satan, qui veut Le convaincre à faire certaines choses, nécessaires pour Sa cause ou pour la continuation de Sa vie physique. C’est parfois satan se couvrant sous les arguments et les persuasions de Ses amis les plus proches, qui cherchent à L’empêcher de prendre un certain chemin, ou à s’épargner certaines souffrances pour prolonger Sa vie. C’est de diverses manières et dans toutes les directions, que des influences cherchent à s’exercer sur Lui ; et les conseils qui Lui sont donnés par les Siens semblent être si bons ! Lorsque, par exemple, on insiste pour qu’Il monte à la fête, on Le presse en disant en fait: C’est ce que fait tout le monde ; si Tu n’y montes pas, Tu feras tort à Ta cause ! Si Tu veux réellement servir Ta cause, il faut Te mettre en ligne avec les choses admises religieusement, et Tu y perdras certainement, si Tu ne le fais pas ; Tu affaibliras Ton influence ; Tu restreindras Ta sphère d’utilité !—Et quel appel sera cela, si l’on a quelque chose fortement à cœur, si l’on a sur le cœur la cause de Dieu, une chose dont le succès est de la plus haute importance ! Or, telles étaient les influences qui s’abattaient sur Lui. Mais, que satan s’approche directement, dans toute la hardiesse de sa ruse, de ses pièges, de ses insinuations, ou qu’il agisse par le moyen de Ses disciples bien-aimés ou de Ses amis les plus intimes, quel que soit l’argument présenté, cet Homme ne peut être amené à s’éloigner de la largeur d’un cheveu de Son principe. « Je suis sous l’onction ; Je Me suis abandonné à la souveraineté absolue du Saint-Esprit, et Je ne puis faire un pas par Moi-même, quoi que cela puisse Me coûter. Que cela Me coûte la vie, que cela Me coûte Mon influence, que cela Me coûte Ma réputation, que cela Me coûte tout ce qui M’est précieux, Je ne puis faire un seul pas, à moins de savoir, par le Saint-Esprit, que c’est bien la pensée de Dieu et non pas une autre pensée, la volonté de Dieu et non pas une autre volonté, à moins de savoir que cette chose est de Dieu. » C’est ainsi qu’Il repoussait toute chose, jusqu’à ce qu’Il eût en Son esprit le témoignage de l’Esprit de Dieu. Il vécut conformément à cette loi, à ce principe de l’autorité, du gouvernement, de la souveraineté absolue de l’onction, et c’est pour cela que l’onction était venue.

C’est la signification de l’onction. Demandons-nous l’onction du Saint-Esprit ? L’onction est-elle une chose à laquelle nous aspirons ? Pour quel but ? Afin d’être utiles, d’avoir de la puissance, d’exercer une influence, de pouvoir faire beaucoup de choses merveilleuses ? Bien-aimés, la première chose, la chose prééminente dans l’onction, c’est que nous ne pouvons faire que ce que l’onction nous enseigne, et nous pousse à faire. L’onction enlève tout de nos propres mains. L’onction prend la responsabilité de notre réputation. L’onction prend la responsabilité du dessein même de Dieu. L’onction prend le contrôle entier de toutes choses, et désormais, tout est entre les mains du Saint-Esprit ; et nous devons nous souvenir que, si nous voulons apprendre Christ, nous apprendrons Christ par l’action du Saint—Esprit en nous ; et cela signifie que nous devrons suivre exactement dans son principe et dans sa loi, le chemin que Christ a suivi.

C’est ainsi que nous n’avançons pas très loin dans L’Evangile de Jean, qui est particulièrement L’Evangile de l’Ecole spirituelle de Christ, sans L’entendre, Lui, dire de Lui-même: « Le Fils ne peut rien faire de Lui-même. »—« Les paroles que Je vous dis, ce n’est pas de Moi-même que Je les dis. »—Les œuvres que Je fais ne sont pas Mes œuvres,—« C’est le Père demeurant en Moi qui accomplit Ses propres œuvres. » (Jean 5:19 ; 14,10.)

« Le Fils ne peut rien faire de Lui-même ». Là, nous voyons le côté négatif de l’onction, tandis que le côté positif peut se résumer en un seul mot—le Père seul. Peut-être est-ce là une idée légèrement différente de celle que nous avions eue de l’onction ! Oh ! être oint du Saint-Esprit ! Quels miracles devront suivre ! Combien cette vie sera merveilleuse ! Le premier effet, et l’effet durable de l’onction, c’est qu’elle nous emprisonne dans la souveraineté de l’Esprit de Dieu, de sorte que rien ne sera fait, si Lui ne le fait pas ! Rien ! Ce n’est pas une expérience agréable, si la vie naturelle est forte et si elle a, d’une manière ou de l’autre, de l’ascendance. C’est pourquoi le Jourdain doit être expérimenté, avant qu’il y ait une onction. La mise de côté de cette force naturelle et de cette vie du « moi » est une nécessité, car l’onction implique essentiellement la souveraineté absolue de ‘Esprit.

Nous remarquons dans 2 Corinthiens 3:16 et 18, le résultat de tout cela: « Quand ils se convertiront au Seigneur »,—quand ils se tourneront vers le Seigneur, quand le Seigneur sera pour eux l’Objet en vue,—« ce voile sera ôté… Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en Son image… par l’action de l’Esprit du Seigneur », ou « du Seigneur qui est Esprit », ou encore « de l’Esprit qui est Seigneur ». Nous sommes dans l’Ecole, et nous pouvons voir Christ et apprendre Christ, ce qui signifie être transformés à l’image de Christ, sous la souveraineté de l’Esprit. « Lorsque nous nous tournons vers le Seigneur », lorsque le Seigneur est l’objet que nous avons en vue ! Mais nous, nous chrétiens, nous chrétiens très pieux, très sérieux, combien il nous faut de temps pour que le Seigneur devienne notre seul Objet ! Est-ce là dire une chose terrible ? Nous disons aimer le Seigneur ; oui, mais nous aimons aussi avoir notre propre voie, et nous n’aimons pas voir nos plans renversés. Quelqu’un d’entre nous serait-il déjà arrivé spirituellement à ce point, où il ne passe plus aucun mauvais moment en la présence du Seigneur ? Oh ! non, nous sommes tous encore à la place où nous pensons que seuls les intérêts du Seigneur dirigent nos cœurs dans une certaine voie, alors que nous aurons certainement un moment difficile, si le Seigneur ne nous permet pas de faire ce que nous désirons ; et cela trahit absolument le fond secret de notre cœur. C’est notre cœur qui voulait la chose ; et il ne nous est pas facile, pas absolument facile et simple, de dire,—Oui, Seigneur, j’ai tout autant de joie que si Tu m’avais permis de faire cela ; je prends toujours tout mon plaisir à faire Ta volonté !—Non, nous sommes déçus de ce que le Seigneur ne nous ait pas permis de faire ce que nous désirions tant ; ou bien, si le Seigneur nous fait attendre, quel temps dur nous traversons. Oh! si seulement nous pouvions nous mettre à cette chose et la faire ! C’est le temps qui révèle ce qui est en nous. Cela n’est-il pas vrai de la plupart d’entre nous ? Oui, c’est vrai. Nous avons, nous, une place dans ce que nous désirons, et cela signifie tout simplement que, après tout, le Seigneur n’est pas aussi réellement notre objet, que nous l’avions cru. Nous avons, à côté du Seigneur, un autre objet qui Lui est associé. C’est quelque chose que nous aimerions être ou faire, un lieu où nous désirons aller, quelque chose que nous voudrions avoir. Tout est là ; et le Saint-Esprit sait tout cela. Dans cette Ecole de Christ, où l’objectif de Dieu, c’est Christ, Christ seul, Christ tout entier, l’onction même signifie que Christ doit être LE SEIGNEUR, par l’Esprit. Cela suffira pour le moment quant à ce qui concerne la signification de l’onction. Ce fut vrai en Lui, et ce doit être vrai en nous.

« Souveraineté » et « Soumission ».

Si nous voulons progresser dans cette Ecole, et avancer jusqu’à la pleine gloire, la gloire suprême de Christ, pour être l’instrument propre au gouvernement de Son Royaume, le seul chemin par lequel nous apprendrons ce gouvernement céleste, spirituel et divin, qu’Il a en vue pour les saints, c’est la soumission au Saint-Esprit. Ce mot de « soumission » est un mot très intéressant dans le Nouveau Testament. Je pense qu’on l’a plutôt malmené, en lui donnant une signification fausse et déplaisante. L’idée que l’on se fait de la soumission est habituellement liée à une crainte d’être écrasé sous quelqu’un, d’être continuellement assujetti ; c’est une idée de suppression. « Femmes, soyez soumises à vos maris. » L’on interprète cette parole par,—Il faut vous mettre au-dessous,—et ce n’est pas du tout ce que veut dire le mot. Comment chercherons-nous à faire comprendre ce que signifie réellement le mot grec traduit par sujétion ou soumission ? Écrivons le chiffre 1 ; ensuite nous écrirons sujétion ou soumission. Comment allons-nous l’écrire ? Non pas en plaçant un autre 1 au-dessous du premier. Le mot signifie « mettre à côté ou après ». Nous avons ce chiffre 1 ; c’est le premier nombre. Il est placé à la tête de tout ce qui pourra suivre. Ce chiffre 1 gouvernera tout le reste, et donnera à tout le reste sa valeur. La soumission signifie que, en toutes choses, Il a la prééminence. Nous venons ensuite, et tirons de Lui notre valeur. Il ne s’agit pas d’être écrasé ; c’est tirer tout de Lui, qui est le Premier ; et nous ne recueillerons jamais les bienfaits avant de connaître la soumission à Christ. Cela veut dire que nous venons ensuite, que nous prenons la seconde place, que nous acceptons cette place où nous obtenons tous les bienfaits ; nous recevons une valeur en prenant une certaine place. L’Église n’est pas soumise à Christ dans ce sens répressif ; elle n’est pas mise sous Ses talons, ni sous Sa main de fer ; elle Le suit simplement ; elle marche avec Lui, à Ses côtés, Lui ayant la prééminence, et l’Église, Son Épouse, tirant tous les bienfaits de Sa prééminence, du fait qu’Il a, Lui, la Première place. L’Église est à la seconde place, oui ; mais que nous importe une seconde place, si nous recevons toutes les valeurs de la première, parce que nous occupons la seconde ? C’est cela la soumission. L’idée du Seigneur pour l’Église, c’est qu’elle possède toutes choses. Mais comment les aura-t-elle ? Non pas en prenant la première place, mais en se plaçant au côté du Seigneur et en Lui permettant d’avoir en toutes choses la prééminence. C’est cela la soumission, la sujétion. La souveraineté du Saint—Esprit n’est pas quelque chose de dur, qui nous dépouille, qui nous enlève tout, et qui nous écrase continuellement, de sorte que nous n’osions bouger. La souveraineté du Saint-Esprit doit nous amener dans toute la plénitude de Christ, qui est la Tête de Son corps. Mais nous avons à apprendre ce qu’est cette souveraineté, avant d’arriver à cette plénitude. C’est de Sa plénitude que nous recevons…

Le grand mal a toujours été, depuis les jours d’Adam jusqu’aux nôtres, le fait que l’homme désire, non pas la plénitude d’Un Autre, mais la sienne propre ; il veut l’avoir en lui-même, et non pas en un Autre. Le Saint-Esprit sape cette propre base de dessous nos pieds, en disant:—C’est Sa plénitude ; elle est en Lui. Il doit avoir Sa place de souveraineté absolue, avant que nous puissions connaître de Sa plénitude. Je pense que cela suffira, pour le moment, quant à la signification de l’onction. L’aurons-nous saisie ? Que le Seigneur nous fasse la grâce d’accepter la signification du Jourdain, afin que nous ayons le ciel ouvert et, par le ciel ouvert, l’onction qui nous apporte, en toutes choses, la plénitude des cieux. Mais cela demande la souveraineté absolue de l’Esprit. C’est la leçon No 1 dans l’Ecole,—oh! ce n’est pas la leçon No 1, non ; c’est la base nécessaire à notre entrée dans l’Ecole ; c’est un examen préliminaire. Nous n’entrons jamais dans l’Ecole avant d’avoir accepté la souveraineté du Saint-Esprit. C’est pourquoi il y a tant d’enfants de Dieu qui n’avancent pas très loin dans la connaissance du Seigneur. C’est qu’ils n’ont jamais accepté les implications de l’onction ; ils ne sont jamais réellement descendus dans le Jourdain. Leur marche est très lente, leur connaissance très pauvre. Si nous rencontrons un saint qui connaît réellement la signification de la Croix, du Jourdain, qui a ouvert la voie libre à la Souveraineté de l’Esprit, nous verrons une croissance rapide, nous trouverons un développement spirituel qui dépasse de beaucoup celui des autres. C’est très vrai. Et c’est l’examen préliminaire, l’examen d’entrée.

La Première Leçon dans l’Ecole de Christ.

Mais lorsque nous sommes entrés, c’est alors que commence la leçon N° 1. Et ce n’est ici qu’une répétition de ce qui nous a été dit avec tant d’insistance dans les pages précédentes. La première leçon dans l’Ecole de Christ, celle que le Saint-Esprit veut nous enseigner, c’est ce que nous avons appelé la nature « entièrement autre » de Christ, entièrement différente de la nôtre. Cela pourra être non seulement la première leçon, mais une leçon qui se continuera durant toute notre vie. Mais c’est la chose par laquelle commence le Saint-Esprit—la nature de Christ « entièrement autre » de ce que nous sommes en nous-mêmes. Reprenons L’Evangile de Jean, en ayant dans notre entendement cette seule pensée, et relisons-le tranquillement et sérieusement. Combien Christ est différent de ceux qui L’entourent, de Ses disciples mêmes. Nous pouvons passer de L’Evangile de Jean à tous les autres Évangiles, en gardant cette même pensée. Ce sera une éducation pour nous, si le Saint-Esprit est avec nous, à mesure que nous lisons. Combien Il est différent, absolument autre. Cette différence s’affirme toujours à nouveau. « Vous êtes d’en bas, Moi Je suis d’en haut » (Jean 8 : 23). Il y a une différence ; et cette différence crée un choc tout au long du chemin ; un choc dans les jugements, un choc de mentalités, un choc de pensées, un choc d’idées, un choc de valeurs ; un choc en tout, entre Lui et les autres. Ses disciples eux-mêmes, qui sont avec Lui, dans l’Ecole. Sa nature est différente. Il a une nature céleste, une nature divine. Nul autre que Lui ne la possède. Il a une pensée céleste, une mentalité céleste. Eux, ils ont une mentalité terrestre, et les deux ne peuvent se joindre, et ne se rejoignent pas, en aucun point. Quand le dernier mot a été dit, il y a une grande brèche entre les deux. Il est si « entièrement autre ».

Maintenant, diriez-vous, puisqu’il en est ainsi, nous sommes en un très grand désavantage. Il est une chose, et nous en sommes une autre. Or, nous arrivons précisément à la nature et à la signification de cette Ecole. Comment ce problème pourra-t-il être résolu ? Il se résout tout simplement, et de cette façon,—le Seigneur parle sans cesse d’un moment où Il sera en eux, et où eux seront en Lui ; et lorsque ce moment sera venu, ils seront, dans la réalité la plus intime et la plus profonde de leur être, entièrement autres de ce qu’ils sont dans toutes les autres parties de leur être. C’est dire qu’il y aura en eux ce qui est Christ, ce qu’est Christ, en tout ce qu’Il est, Lui, absolument Autre, dans leur personne même. Dans leurs âmes, dans leurs corps, ils seront entièrement différents de ce qu’Il est, Lui, au centre même de leur esprit. Ils penseront parfois que la chose la meilleure à faire serait celle-ci, mais Celui qui, en eux, est « entièrement Autre », ne leur permettra pas de le faire, ils penseront parfois que la chose la plus sage serait de ne pas faire ceci, et Celui qui, en eux, est « entièrement Autre », insiste en fait,—Fais ceci!—L’homme extérieur dit,—C’est une folie je ne ferai que courir au désastre ! L’homme intérieur reprend,—Il faut le faire ! Ces deux ne peuvent arriver à une entente. Il est intérieur, et Il est entièrement Autre », et notre éducation consiste à nous apprendre à Le suivre, Lui, à marcher dans Sa voie. « Si quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même… et qu’il Me suive. »—Renoncer à nous-mêmes, à nos arguments, à nos jugements, à notre bon sens parfois. « Qu’il me suive ! » et Christ sera toujours justifié. Certains hommes ont fait les choses les plus folles aux yeux du monde, et ils ont été justifiés. Cela n’est pas dit pour nous suggérer la pensée d’aller commencer à faire des choses folles. Je parle de l’autorité de Christ en nous, de la différence de Christ avec nous-mêmes ; et c’est la première leçon que le Saint-Esprit nous enseigne, à tous ceux qui entrent dans l’Ecole de Christ,—qu’il y a cette grande différence, cette grande séparation, que Lui est une chose, et que nous, avec toutes nos aspirations religieuses même, nous en sommes une autre ; et nous ne serons sûrs d’être dans la bonne voie, qu’en Lui soumettant toutes choses.

C’est pourquoi la prière doit avoir une si grande place dans la vie d’un enfant de Dieu, et c’est pourquoi la prière avait une si grande place dans Sa vie, lorsqu’Il était ici-bas. La vie de prière du Seigneur Jésus est, dans un certain domaine et à un certain sens, le plus grand problème que nous puissions rencontrer. II est Christ ; II est le Fils de Dieu ; II est sous l’onction du Saint-Esprit, et Il est sans péché dans Sa personne ; et cependant, et cependant Il doit passer toute la nuit en prière, après le dur et long travail de la journée. Nous Le retrouvons sans cesse en prière. Pourquoi doit-Il prier ? Parce qu’il y a d’autres influences qui sont à l’œuvre, il y a d’autres choses qui cherchent à attirer Son attention, Sa réponse et Son obéissance, et Il doit rester constamment en ligne avec l’onction, en harmonie avec l’Esprit, sous le gouvernement duquel Il s’est placé, parce qu’il ne peut rien décider de Lui-même. S’il a dû faire cela, qu’en est-il de nous ? Nous ne sommes pas, comme Lui sur un niveau sans péché. Il y a en nous tous, dans notre nature même, ce qui agit violemment contre Dieu, contre la pensée de Dieu, contre la volonté de Dieu. Combien nous est-il donc plus nécessaire d’avoir une vie de prière, dans laquelle l’Esprit peut nous garder droits, nous maintenir dans la ligne du dessein divin, nous diriger dans les voies du Seigneur, et dans les temps du Seigneur.

Bien-aimés, s’il y une chose que l’enfant de Dieu apprendra sous la souveraineté du Saint-Esprit, c’est celle-ci, à savoir combien Il est différent de nous, combien nous sommes différents de Lui, combien nous sommes autres, complètement autres. Mais, que Dieu soit béni, maintenant, dans cette dispensation, si nous sommes de vrais enfants de Dieu, Celui qui est « entièrement Autre » que nous, n’est plus seulement objectif ; Il est en nous. C’est la seconde phase de cette « Autre Nature ». La première phase, c’est le fait de la différence. Voulons-nous accepter ce fait ? Voulons-nous maintenant, à ce point même, en cet instant même, reconnaître simplement ce fait ? Le Seigneur Jésus est « entièrement Autre » que moi ; alors même que je pense avoir parfaitement raison, Il peut cependant être « entièrement Autre » ; et je ne peux jamais m’appuyer sur mon propre sens de justice, avant de Lui avoir soumis ma justice ! C’est très absolu, mais c’est très nécessaire. Plusieurs d’entre nous avons appris ces leçons. Nous ne parlons pas de ce que nous avons tiré d’un livre ; nous parlons de notre propre expérience.

Nous avons été parfois tout à fait sûrs d’avoir raison, et nous avons continué à suivre la justesse de notre jugement ; mais nous sommes arrivés à une crise, et nous avons été enveloppés d’un terrible brouillard d’angoisse et de perplexité. Nous étions tout à fait sûrs d’avoir raison, et voyez où nous avons abouti ! Et lorsque nous y pensons, et que nous mettons la chose devant le Seigneur, nous sommes obligés de nous demander si nous nous étions attendus au Seigneur, et dans quelle mesure nous nous étions attendus au Seigneur pour cette chose ! Est-ce que nous ne nous sommes pas un peu trop précipités, avec notre sentiment d’avoir raison ? Et c’est l’expérience de David et de l’arche qui se répète à nouveau. Les mobiles de David étaient très bons, et le sens que David avait du dessein de Dieu était très juste. Il était vrai que Dieu voulait avoir l’arche à Jérusalem ; mais David se saisit de la chose dans son âme ; elle devint son idée, et se développa en lui dans un grand enthousiasme, et c’est ainsi qu’il fit le char. Le mobile, le bon mobile, la bonne idée, l’esprit sincère le poussèrent dans la détresse la plus terrible. L’Eternel frappa Uzza ; Uzza mourut en la présence de L’Eternel, et l’arche fut conduite dans la maison d’Obed-Edom pour y demeurer,—tout cela parce qu’un homme avait eu une idée, bonne et juste, mais sans s’attendre à L’Eternel. Nous connaissons la suite. Plus tard, David dit aux chefs des Lévites: « Sanctifiez-vous, vous et vos frères, et transportez l’arche de L’Eternel, le Dieu d’Israël, à la place que je lui ai préparée. C’est parce que vous n’y étiez pas la première fois, que L’Eternel, notre Dieu, a fait une brèche parmi nous ; car nous ne l’avons pas honoré comme la loi nous l’ordonne » (I Chronique 15 : 12-13). Les instructions étaient là, toujours, mais David ne s’était pas attendu à L’Eternel. Si David avait apporté tranquillement son pieux enthousiasme à L’Eternel, L’Eternel l’aurait dirigé vers les instructions qu’Il avait données à Moïse, et lui aurait dit, en fait,—Oui, c’est très bien, mais souviens-toi que l’arche doit être ainsi portée. Il n’y aurait eu ni mort, ni délai, et les choses auraient été parfaitement accomplies.

Oui, nous pouvons avoir une idée très bonne pour le Seigneur, mais il nous faut la soumettre au Seigneur, pour être tout à fait sûr que ce n’est pas notre propre idée pour le Seigneur, mais bien la pensée du Seigneur qu’Il a mise en nous. Il est très important d’apprendre Christ ; Il est tellement Autre que nous.

Nous le voyons cela divise très largement les chrétiens en deux classes. Les chrétiens en général peuvent être divisés en ces deux classes. II y a cette grande classe de chrétiens, dont le christianisme est objectif, est extérieur. C’est pour eux la question d’avoir adopté une vie chrétienne, de faire désormais une quantité de choses qu’ils n’auraient pas faites autrefois. Ils assistent aux réunions ; ils vont à l’église ; ils lisent la Bible ; ils font beaucoup de choses qu’ils n’avaient pas eu l’habitude de faire ; et ils ne font plus maintenant beaucoup de choses qu’ils faisaient auparavant. C’est ce qui s’applique plus ou moins à cette classe. C’est désormais une question de ne pas faire ou de faire, de ne pas aller ou d’aller, d’être extérieurement un bon chrétien. C’est une grande classe, avec ses degrés divers de lumière et d’ombres, une très grande classe de chrétiens, en vérité.

Il y en a d’autres qui sont dans cette Ecole de Christ, pour lesquels la vie chrétienne est une question intérieure de marche avec le Seigneur, un besoin de connaître le Seigneur dans leur cœur, à un degré plus ou moins grand. C’est la nature de leur vie chrétienne, une réelle marche intérieure avec un Seigneur vivant dans leur propre cœur. Il y a une grande différence entre ces deux classes de chrétiens.

La Loi de l’Esprit ou le Moyen de l’instruction.

Il nous faut maintenant arriver à une conclusion. La nature « entièrement autre »,—par quel moyen l’Esprit nous fera-t-Il connaître cette « autre nature » ? Car l’Esprit ne nous parle pas dans un langage ou avec des paroles qui frappent nos oreilles. Nous n’entendons pas de voix extérieure nous dire: « Voici le chemin, suis-le ! « Alors, comment saurons-nous ? Ce sera par ce que l’apôtre appelle « la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ”.—« En Lui était la Vie ; et la Vie était la Lumière. » Comment saurons-nous ? Par quel moyen serons-nous éclairés dans cette question, sur la différence qu’il y a entre nos voies, nos pensées, nos sentiments, et ceux du Seigneur ? Comment aurons-nous la lumière ? La Vie était la lumière. « Celui qui Me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la Vie, (Jean : 8, 12).—« La loi de l’Esprit de Vie en Jésus-Christ m’a affranchi de La loi du péché et de la mort. »—Alors l’instrument de l’Esprit, si je peux L’appeler ainsi, pour notre éducation, c’est la Vie en Christ. C’est dire que nous connaissons quelle est la pensée de l’Esprit dans nos questions, en sentant, en éprouvant en discernant la Vie, la Vie divine, la Vie de l’Esprit. Ou bien d’autre part, si nous sommes vivants au Seigneur, nous saurons que l’Esprit n’est pas en accord avec telle ou telle de nos pensées, par un sentiment de mort, de mort dans cette direction-là.

Or, c’est la chose que personne ne peut nous enseigner par des paroles, en nous donnant une leçon. Mais c’est une chose que nous pouvons apprendre. Nous la connaissons par nos réactions, souvent par de violentes réactions. Nous avons suivi une certaine voie, et nous avons ensuite une mauvaise réaction. Nous nous efforçons de réaliser une certaine chose, dans une certaine direction, et nous savons, si seulement nous voulons nous arrêter un instant pour la considérer, nous savons que c’est nous, oui nous-mêmes, qui essayons de faire cela. Nous savons très bien que cette chose n’est pas spontanée, quelle manque de cette spontanéité qui est la marque du Seigneur. Nous savons que le Seigneur ne se manifestera pas en cela. Nous savons très bien que nous n’avons aucun sens de spontanéité et de paix. La chose doit être forcée ; elle doit être poussée ; il faut l’amener à se faire: Je pense que, plus ou moins, chacun de nous qui sommes des enfants véritables de Dieu, nous comprenons de quoi je parle ici. Mais souvenons-nous que, dans l’Ecole, l’instrument de l’Esprit pour nous enseigner Christ, c’est la Vie. La marque d’un homme ou d’une femme gouverné par l’Esprit, oint de l’Esprit, c’est qu’il (elle) marche dans la Vie, et qu’il (elle) apporte la Vie, et que tout ce qui vient de lui (d’elle) signifie Vie ; et il (elle) sait, par cette loi même de la Vie où est le Seigneur, en quoi se trouve le Seigneur, ce que veut le Seigneur, ce que désire le Seigneur. C’est ainsi qu’il (elle) connaît. Il (elle) n’entend point de voix ; il (elle) n’a point de vision objective, mais là, profondément, dans leur esprit, c’est la Vie qui est l’arbitre, l’Esprit de Vie.

Combien il nous est nécessaire d’être vivant pour Dieu en Jésus. Combien il nous est nécessaire de nous saisir sans cesse de la Vie. Si satan peut faire peser sur nous ses esprits de mort, et enfermer notre esprit sous une enveloppe de mort, il éteindra aussitôt la lumière et nous laissera nous débattre. Nous ne savons alors ni où nous sommes, ni ce que nous avons à faire. Il (satan) cherche toujours à nous amener là, et nous avons à livrer une bataille continuelle pour la Vie. Tout ce qui doit accomplir le dessein de Dieu est lié à cette “Vie”. Cette “Vie” est potentiellement la somme de tout le dessein divin. De même que, dans la semence, il y a la vie, non seulement de cette semence, mais d’un grand arbre, et que cette vie, une fois libérée, s’épanouira dans le développement parfait de ce grand arbre, ainsi dans la Vie qui nous est donnée dans notre enfance spirituelle, à notre nouvelle naissance, se trouve toute la puissance de la pensée de Dieu, pleine, et finale, et consommée. Et satan cherche, non pas simplement à arrêter notre Vie, mais à empêcher la pleine manifestation des intérêts et des plans suprêmes de Dieu, qui se trouvent dans cette Vie qui nous a été donnée, cette Vie éternelle qui nous est donnée maintenant. l’Esprit veille toujours sur cette Vie, et Il nous dit: » Garde cette Vie ; ne permets pas que rien ne vienne entraver cette Vie ; et dès que quelque chose attriste l’Esprit et arrête l’opération de cette Vie, aie immédiatement recours au Sang précieux, qui se tient comme un témoignage contre toute mort, ce précieux Sang de Jésus, la Vie incorruptible, le témoignage dans les cieux à la victoire sur le péché et la mort, par lequel tu peux être délivré de cette main hostile de satan.—Ce précieux Sang est la base sur laquelle nous devons nous tenir, pour mettre en règle tout ce qui attriste l’Esprit et qui entrave l’opération de la Vie, par laquelle nous en arrivons à connaître, et à connaître de cette manière vivante, Christ dans une plénitude toujours grandissante. Que le Seigneur nous aide.

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