Un christianisme mécanique
12/2/1993
À bien des égards, on est tous dans une situation très risquée dans le monde où on vit. Pour illustrer ça, Joshua et moi, on regardait un petit extrait de vidéo hier. Ça montrait la différence entre la vie et une tentative mécanique de fabriquer ou de reproduire la vie. Voici l’exemple qu’ils ont donné : il y a un gars assis dans une voiture. Le paysage défile ; il roule sur la route, heureux comme tout, et le commentateur dit, « Bon, George s’apprête à tourner à droite. Regarde comment George tient le volant. Remarque qu’il utilise la fameuse prise à quatre doigts. Son pouce est placé juste en dessous du volant, parallèlement à celui-ci. Sa main droite est en position deux heures, exactement comme il faut. George commence à être un peu nerveux maintenant. Il roule sur la route, un peu tendu. Il approche maintenant du carrefour. Regarde comment George bouge le volant avec sa main gauche. Elle est maintenant à la position 12 heures, puis à la position 2 heures — à ce moment-là, sa main droite va passer par-dessus et attraper le volant à la position 10 heures… »
George essaie de se rappeler quels doigts vont où et les pouces en dessous, et tout ça le rend fou. L’image s’estompe et il passe d’une main à l’autre, avant de percuter une borne d’incendie au croisement. C’est un peu là où on en est spirituellement, à bien des égards.
Il fut un temps où nous étions tous soit des incroyants au sens le plus pur et le plus absolu du terme – nous ne savions rien de Dieu –, soit engagés dans un mode de vie appelé « Christianisme », mais qui ne reflétait pas vraiment la vie, l’intensité et les vérités des Écritures. Ça ne reflétait pas les enseignements de Jésus, le mode de vie de Jésus, l’exemple de Jésus, l’exemple des douze, l’exemple des 3 120 — ça ne reflétait pas vraiment les enseignements des Écritures. On croyait aux enseignements des Écritures, soi-disant, mais on ne mettait pas en pratique les enseignements de Jésus et les exemples de la seule Église que tu peux lire dans la Bible. Donc, en ce sens, soit on ne croyait pas qu’il y avait une voiture (juste pour revenir à cette analogie un instant), soit on était assis sur le parking dans la voiture à s’amuser à sentir la sellerie et à jouer à faire semblant, mais il n’y avait rien de vraiment en jeu. On était juste assis là. Beaucoup de gens ne croient pas qu’il y ait une voiture. Ça ne les intéresse pas — il n’y a pas de voiture. C’est juste moi et le reste du monde, et je fais de mon mieux, j’adopte mon propre système de croyances et je m’en sers comme bon me semble, et, « Le mien est aussi bon que le tien, alors laisse-moi tranquille. Il n’y a pas de voiture. » D’autres, encore une fois, se contentent tout à fait de rester assis sur le parking.
On est maintenant dans cette situation dangereuse où on roule sur la route et où on doit négocier les intersections. Il y a une destination quelque part, et ce n’est pas une ligne droite en descente. Ce n’est pas comme ça. Jésus nous enseigne et nous attire vers la destination — Son Père, et la pensée du Père —, et il y a certainement des obstacles sur le chemin, des choses qu’on doit apprendre. La situation dangereuse dans laquelle on se trouve, c’est qu’on est maintenant sur la route ; il est très facile d’aborder tout ce qu’on appelle le « Christianisme » comme George dans sa voiture. « Bon, je suis censé faire ça. Je suis censé exhorter les autres tous les jours. Je suis censé me confesser. Je suis censé parler de Christ à la serveuse au restaurant.
Je suis censé faire ça… Je suis censé faire ça… » On n’a aucune idée de ce qui se passe, et comme ça ne vient pas de la Vie, ce n’est pas cette chose très naturelle du « une main après l’autre », sans même penser à négocier le carrefour.
Mais ça peut être une chose très naturelle de négocier le carrefour quand c’est la destination qu’on cherche. On ne pense pas du tout à où vont les doigts et où va le pouce, ni à quel moment passer d’une main à l’autre, ni à toutes ces choses-là. On ne pense pas à la mécanique quand on marche dans la Vie, quand on marche dans l’Esprit. La situation dangereuse, c’est de conduire une voiture tout en étant obsédé par l’extérieur, par la mécanique, par les « comment faire », les « et si » et les « pourquoi pas ». Ce genre de choses nous place à un carrefour et nous rend très susceptibles de heurter quelques bouches d’incendie ou des piétons pendant qu’on y passe.
Je pense que le cri de notre cœur, cette discussion avec le Père et cette supplication, doit être, « Rends-moi authentique. Aide-moi. Je veux désespérément faire ce voyage. Je ne veux pas rester assis sur le parking. Je ne veux pas faire semblant qu’il n’y a pas de voiture. Je veux vraiment tout ça. Mais je sais aussi que ça me dépasse complètement. Ce n’est pas naturel pour moi. Ce n’est pas qui je suis. Ça ne fait pas partie de ma vie. Je ne suis pas perdu dans la destination avec les virages et la conduite, les aspects techniques de tout ça me sont vraiment étrangers. Je ne suis pas à cet endroit et j’ai besoin que Tu m’aides à y arriver. »