Sur la Bonne Façon d'Aimer un Ami, 1667

5/8/2013

L’amour et la haine s’entendent bien.

Le feu et l’eau se positionnent l’un contre l’autre, mais sont unis dans la chaleur. L’amour et la haine sont des ennemis, mais s’entendent bien dans un homme divin. J’aime Dieu, et je déteste tout ce qui est répugnant en moi et les autres à Dieu. L’amour lui-même hait. Pourquoi Dieu hait-Il le péché ? Parce qu’il est contraire à Sa justice qu’Il aime. Je t’aime, et pourtant je déteste tes vices. Ce n’est pas, dis-tu, aimer du fond du cœur. Comment, dis-tu, l’amour peut-il être associé à la haine ? Très facilement. Je t’aime, je déteste ce qui est le tiens. Une personne et un vice ne sont pas du tout les mêmes. En séparant toi et ce qui est le tiens, on sépare l’amour de la haine ; quand ton péché tombe, avec elle ma haine disparait.

Rares sont ceux qui rejoignent l’amour et la haine.

Certains sont sans haine, ils vous aiment et ce qui est votre, voient ton péché, gardent le silence, regardent à travers leurs doigts, sont heureux avec le mal que tu fais, ils ne veulent pas t’offenser. Crois-tu que ceux-là sont ceux-ci qui t’aiment ? Oh non. Comment peuvent-ils m’aimer, qui me voient tomber dans une fosse, et non seulement me laisseraient-ils tranquille coincé là-dedans, mais ils rient même de mon malheur ? L’amour sauve où il peut, abondamment et surtout l’âme. Ce qui est à toi un tel homme aime, et pour l’amour de ce qui est le tien, il te permet d’aller en enfer.

Certains sont sans amour, te haïssent et ce qui est à toi. Lorsque tu pèches, ils sont pleins de fureur, te jugent et te damnent, se retirent de toi, aiment bien voir les autres faire de même pour toi. Penses-tu qu’une telle personne ne t’a jamais aimé ? Oh non. L’amour réprimande son voisin pour son bien seulement, quand - même s’il n’a pas gardé le silence sur son péché, ni l’a approuvé - il fait une distinction subtile entre la personne et le vice, et ne se fatigue pas de trouver ce qui peut servir à l’amélioration de son voisin.

Augustin a dit : N’aimez pas les vices en raison de la personne, ni ne haïssez la personne en raison de ses vices, mais plus vous aimez les gens, plus vous haïrez les vices, qui ont souillé la nature (et les futures) des personnes que vous aimez. Je sais bien que je ne suis pas sans défauts ; c’est pourquoi je tiens à compter celui comme mon meilleur ami, qui montre mes infirmités et les déplacent. Je sais bien que mes amis ne peuvent pas être sans faiblesse, alors je vais les réprimander quand je les vois pécher. Je veux m’occuper de mon ami tombé comme l’orfèvre de l’or, le purifier mais pas le rejeter ; comme le médecin avec le patient, faisant l’effort pour guérir, mais ne pas abandonner ; comme un père avec son enfant, je vais lui offrir correction, mais pas le rejeter, mais chercher à l’améliorer, et si l’amélioration est là, je jetterai la baguette.

Mon amour ne doit jamais être séparé de la haine, ni ma haine séparée de l’amour. Si tu t’aimes toi-même en Jésus, alors il ne te déplaira pas, que je n’aime pas tes péchés. Mais si tu ne t’aime pas au point de vouloir le Changement, comment peux-tu m’aimer ? Choisis ton ami que tu souhaites. Je ne suis pas l’un d’eux.

(Heinrich Müller 1667)

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