La Différence Entre Homme Et Femme

11/7/2000

Fictif et Drôle, d’Origine Locale…

Un soir lorsque Elaine et Roger reviennent à la maison après avoir étés avec quelques Saints, une pensée survient à Elaine, et, sans vraiment y penser, elle la dit à haute voix : « Tu te rends compte que, à partir de ce soir, nous avons été mariés pendant exactement cinq mois ? »

Et puis il y a du silence dans la voiture.

Pour Elaine, ça ressemble comme un silence très fort. Elle se dit : Je me demande si ce que j’ai dit le gêne. Peut-être qu’il est frustré par notre relation ; peut-être qu’il pense que j’essaye de le pousser de m’acheter un cadeau qu’il ne veut pas me donner, ou il n’est pas sûr quoi faire ou acheter.

Et Roger pense : Bien. Cinq mois.

Et Hélène pense : Mais, hé, je ne suis pas si sûr que je veuille commencer à fonctionner comme ça, non plus. Je veux dire, où allons-nous ? Pourrons-nous maintenir ce rythme ? Tous les cinq mois ? Ce n’est pas un chiffre rond…mais à certains égards, ce serait bien. Spéciale. Peut-être juste un dîner en ville, ou faire la vaisselle. Mais s’il m’aimait vraiment, il ferait ces choses de toute façon. Alors, peut-être un cadeau EST une bonne idée. Mais où ça va aller ? Et que dire des enfants, quand nous aurons des enfants ? Qu’en penseront-ils ? Ils vont s’attendre à quoi ? Suis-je prêt pour ce niveau d›engagement ? Est-ce que je connais vraiment cette personne ?

Et Roger pense : Donc, cela signifie que c’était…voyons voir…Février où nous nous sommes mariés, ce qui était juste après que j›ai eu la voiture chez le concessionnaire, ce qui signifie…laisse-moi vérifier le compteur kilométrique…Ho ! ! Je suis bien en retard pour un changement d›huile.

Et Hélène pense : Il est contrarié. Je peux le voir sur son visage. Peut-être que j’ai complètement tord. Peut-être qu’il veut plus de notre relation, plus d’engagement ; peut-être qu’il a senti, avant même que je l’ai senti, que j’émettais quelques réserves sur les cadeaux. Je n’ai rien dit au sujet des cadeaux, mais cela devrait être évident pour lui. N’importe qui saurait que c’est ce que je pensais. Oui, je parie que c’est cela. C’est pourquoi il est si réticent à dire quelque chose sur ses propres sentiments. Il a peur d’être rejeté.

Et Roger pense : Et je vais devoir leur demander de regarder à la transmission de nouveau. Je n’aime pas ce que ces gars-là disent, ces vitesses passent toujours mal. Et ils feraient mieux de ne pas essayer chercher la faute avec le froid cette fois. Qu’est-ce le froid ? Il fait 87 °F et cette boite à vitesse est comme un camion poubelle, et j›ai payé ces voleurs 600 $.

Et Hélène pense : Il est en colère. Et je ne peux pas le blâmer. Je serais en colère, aussi. Je me sens tellement coupable, le mettant sous pression, mais je ne peux pas empêcher ce que je ressens. Je ne suis pas sûre.

Et Roger pense : Ils vont probablement dire que c’est seulement une garantie de 90 jours…peut-on prendre ces gars-là au sérieux ?

Et Hélène pense : Peut-être suis-je trop idéaliste, attendant de lui d›être un chevalier sur son cheval blanc. Pourquoi me sens-je de cette façon, quand je suis assis à côté d’une personne parfaitement bonne, une personne avec laquelle j’aime être, une personne que j’aime vraiment, une personne qui semble se soucier vraiment de moi. Il ne peut pas être un chevalier de la façon dont je veux qu’il soit, mais il est une bonne personne. Une personne qui est dans la douleur à cause de ma fantaisie romantique, enfantine et égoïste.

Et Roger pense : la garantie ? Ouais, c›est ça. C’est l’Amérique. Il y a toujours un hic. Toujours en petits caractères ou en clause d’avocats, afin que tous les coûts et toutes les obligations et le temps et la peine se rabattent sur le petit gars.

« Roger, » dit Hélène à voix haute.

« Quoi ? » dit Roger, en sursautant.

« S›il te plaît, ne te tortures pas comme ça, » dit-elle, ses yeux commençant à avoir des larmes. « Peut-être que je n›aurais jamais dû…Oh, je me sens si…(Elle se décompose en sanglotant.)

« Quoi ? » dit Roger.

« Je suis une imbécile, » sanglote Elaine. « Je veux dire, je sais qu›il n’y a pas de chevalier. Je le sais vraiment. C’est idiot. Il n’y a pas de chevalier, et il n’y a pas de cheval. »

« Il n›y a pas de cheval ? » dit Roger.

« Tu penses que je suis une imbécile, n’est-ce pas ? » dit Elaine.

« Non ! » dit Roger, heureux de pouvoir enfin connaître la bonne réponse.

« C›est juste que…c›est que je…J›ai besoin de temps, » dit Hélène.

Il y a une pause de 15 secondes tandis que Roger, pensant aussi vite qu›il le peut, essaye de trouver une réponse sûre. Enfin, il arrive à en avoir une qui pourrait fonctionner. « Oui, » dit-il.

Elaine, profondément émue, touche sa main. « Oh, Roger, penses-tu vraiment de cette façon ? » dit-elle.

« De quelle manière ? » dit Roger.

« De cette façon, sur le temps, » explique Elaine.

« Oh » dit Roger. « Oui. »

Elaine se tourne et le regarde profondément dans ses yeux, lui causant de devenir très nerveux sur ce qu›elle pourrait dire la prochaine fois, surtout si elle implique un cheval. Enfin elle parle.

« Merci, Roger, » dit-elle.

« Merci, » dit Roger.

Puis ils rentrent chez eux, et elle va vite au lit alors qu›il décide de rédiger des emails jusqu›à ce qu›elle s›endorme. Elle ne s’endort pas. L’âme torturée pleure jusqu’à l’aube.

Après avoir répondu à quelques e-mails, Roger ouvre un sac de Doritos, allume la télé, et devient immédiatement très impliqué dans une rediffusion d’un match de tennis entre deux Tchécoslovaques dont il n’a jamais entendu parler. Une petite voix dans les loin recoins de sa pensée lui dit que quelque chose de majeur se passait dans la voiture, mais il est assez sûr qu’il n’y a pas moyen de comprendre, et il pense que c’est mieux de ne pas y penser.

Le lendemain, Elaine va appeler un ami, un ami de confiance, ou peut-être deux d’entre eux, et ils vont parler de cette situation pendant six heures d’affilée. Dans les plus minutieux détails, elles vont analyser tout ce qu’elle a dit et tout ce qu’il a dit, répétant maintes et maintes fois, explorant chaque mot, chaque expression, et geste pour des nuances de sens, compte tenu de toutes les ramifications possibles. Ils vont continuer à discuter de ce sujet, encore et encore, pendant des semaines, voire des mois, sans jamais parvenir à des conclusions définitives, mais ne s’ennuieront jamais avec le sujet, de toute façon.

Pendant ce temps, Roger, tout en jouant au tennis un jour avec le frère d’Elaine, pausera juste avant de servir, froncera les sourcils, et dira : « Bill, est-ce qu’Elaine a été propriétaires d’un cheval ? »

Et voila la différence entre les hommes et les femmes.

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